Najib Boulif explique l’application de l’amende aux piétons contrevenants
Et finalement, il a parlé… Lui, c’est le secrétaire d’Etat chargé du Transport Najib Boulif, qui a tenu un point de presse vendredi à Rabat, pour revenir sur ce sujet très largement débattu de l’application d’une amende de 25 DH à tout piéton qui traverserait une voie en dehors des passages protégés, communément appelés passages cloutés.
Ainsi, selon le secrétaire d’Etat, « la verbalisation des piétons contrevenants s’inscrit dans une série de mesures relatives à la sécurité routière ». Pour quelle raison ? « La moitié des victimes des accidents sont des piétons, dont des enfants de moins de 14 ans », explique Najib Boulif.
Et quelles sont les sanctions ? Le secrétaire d’Etat (PJD) a expliqué que « la loi prévoit une amende transactionnelle et forfaitaire de 4ème classe à infliger aux piétons en cas de non-respect de la signalisation routière et de la violation de la législation en vigueur, conformément à l'article 94 de la loi 52.05 portant code de la route, publié en 2010 au Bulletin officiel ». Fort bien, et M. Boulif d’indiquer que l’article 118 du Décret n° 2-10-420 précise que l’infraction naît d’une traversée hors du passage, si celui-ci est situé à moins de 50 mètres du lieu de l’infraction.
Puis Najib Boulif reprend sa casquette d’universitaire pour expliquer que les Marocains ont fait montre d’une grande imagination dans les commentaires et réactions à la décision d’appliquer la loi et l’amende aux contrevenants. Pour lui, « il s’agit sociologiquement d’un signe de vitalité et de maturité de notre société ».
Puis, revenant à son rôle de ministre, M. Boulif ajoute que « parmi les défis à relever figurent la réduction de la mortalité parmi les piétons, la signalisation horizontale et la construction des passerelles réservées aux piétons ». Il a, en outre, rappelé que le ministère a organisé, depuis 2016, plusieurs campagnes de sensibilisation à travers la diffusion de spots publicitaires, appelant au respect du passage clouté par les piétons et les chauffeurs pour mettre fin aux accidents mortels.
A noter que le ministère a lancé une opération du 4 décembre à fin février, en coopération avec 84 associations de la société civile visant à sensibiliser à la sécurité des piétons et des enfants.
Puis le secrétaire d’Etat a donné ses chiffres, montrant sa satisfaction face aux progrès réalisés dans ce secteur qu’il dirige depuis 2013. Ainsi, il a affirmé que le nombre des décès de la route a fortement reflué, « puisque de 200 morts par 100.000 véhicules en 2003, nous en sommes aujourd’hui à 100, ce qui constitue un recul de 50%. Par ailleurs, le Maroc enregistre 10 tués sur les routes pour chaque 100.000 habitants, ce qui nous place dans la même fourchette que les Etats-Unis »…
AB