Gesticulations du Polisario dans la zone tampon
Depuis qu’il est en fonction à la tête du Polisario, Brahim Ghali essaie d’exister. Et pour ce faire, il multiplie les actions et les provocations. Cela avait commencé par Guergarate l’année dernière, et cela se poursuit encore cette année par les mouvements de ses troupes dans la région d’Agounit, à l’est du mur de sécurité marocain.
Et toutes ces actions sont dûment enregistrées par les médias algériens, et l’agence de presse officielle APS. Ainsi, cette dernière a publié une déclaration on ne peut plus martiale du « ministre de la défense de la RASD », qui a adressé « un courrier à la communauté internationale » (sic), disant en gros ceci : « L'armée sahraouie est prête, dans le cadre de la politique du Front Polisario, à faire face à tout imprévu et à toute éventualité pour arracher le droit du peuple sahraoui à l'indépendance et à l'autodétermination, à l'instar des autres peuples du monde, si la communauté internationale n'intervenait pas pour rendre justice à ce peuple qui vit, depuis plus de 42 ans, sous l'occupation marocaine ». Cela s’appelle sortir de la légalité internationale.
Pour le Polisario, la distance prise avec les résolutions de l’ONU tient au fait que le Front menace de reprendre les armes, tordant le bras aux efforts de la diplomatie internationale, qui a changé son fusil d’épaule (pour garder la métaphore martiale) et a appelé l’ensemble des pays riverains à s’impliquer dans une question dans laquelle ils sont de toute façon impliqués. En ligne de mire, l’Algérie.
Le même « ministre » de la RASD explique que son « armée » dispose de 25.000 hommes et que « tout Sahraoui est mobilisable »… Puis il joue à se faire peur en faisant écrire par un de ses médias que l’armée marocaine s’est mise en état d’alerte face aux tirs des gens du Polisario, à balles réelles…
Pour les Algériens, reprendre ces propos guerriers du Polisario et persister à se déclarer partie extérieure du conflit signifie un rejet de la résolution 2351 d’avril 2017 qui désigne pourtant Alger comme partie prenante du conflit qui dure depuis 42 ans.
Ces gesticulations interviennent alors qu’un vent de révolte souffle dans les camps du Polisario à Tindouf. La contestation est née avec le retour de plus en plus important de jeunes Sahraouis partis faire leurs études dans les pays du monde et, une fois dans les camps, constatant les conditions de vie et saisissant l’impasse créée par leurs dirigeants, remettent en question les fondements même du mouvement Polisario. Une première manifestation avait éclaté dans les camps en 2016 quand les jeunes avaient compris que leurs dirigeants voulaient les envoyer s’installer dans la zone de Guergarate, les plaçant à un tir de canon de l’armée marocaine.
Enfin, les Algériens semblent faire feu de tout bois pour attirer et attiser l’intérêt des populations européennes, alors même qu’elles constatent et contestent le peu d’intérêt des médias français et des classes politiques dans le Vieux Continent pour cette affaire qui dure depuis 42 ans et qui n’empêche aucunement l’Union européenne de faire des affaires avec le Maroc.
AB