1er Forum FUTUR.E.S in Africa à Casablanca, le digital à l'honneur

1er Forum FUTUR.E.S in Africa à Casablanca, le digital à l'honneur

La Région Casablanca-Settat a accueilli le forum FUTUR.E.S in Africa 2018. L’événement du digital qui vise à stimuler les échanges entre les écosystèmes numériques africains et français a vu les acteurs du domaine se réunir au siège de la Région Casablanca-Settat le 1er et 2 mars. Conférences, tables-rondes, ateliers, espaces démos, rencontres BtoB et séquence jeunesse sont les activités phares de cette rencontre du digital.

Deux journées d’échanges ont animé le forum dédié au digital. Cette rencontre fait suite à la signature d’une convention de partenariat en 2016 entre la région de Casablanca- Settat et la région Île de France. Un partenariat s’en est suivi entre Maroc Numeric Cluster et Cap Digital et c’est ce qui a permis de rendre possible l’évènement FUTUR.E.S in Africa.

« La transformation digitale revêt un intérêt capital dans notre quête de développement durable », c’est ce que tous les acteurs présents à cette rencontre ont répété, de même que  Mustapha Bakkoury, président de la Région de Casablanca-Settat, qui se félicite de cette initiative qui représente pour lui un autre signal fort de l’engagement continu envers les citoyens et les générations futures via les stimulations et les échanges entre les écosystèmes numériques. Il précise en outre que « dans un contexte géopolitique de mutations multiples, le Maroc, hub de la connectivité africaine, s’est progressivement inscrit dans un maillage partenarial de coopération Sud/Sud ».

Tout au long des deux jours, les participants ont assisté à des démos en direct où les exposants ont rivalisé sur les innovations des dernières solutions numériques.

En plus des activités et autres thématiques développées, le programme a également permis de décerner des prix ‘’FUTUR.E.S in Africa’’ et ‘’Sprint’’, pour les 32 startups sélectionnées lors de la première édition en France. A ce titre, dans son discours en marge de la cérémonie officielle, Valérie Pécresse, Présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France, a expliqué que « les 32 startups présélectionnées à cette première édition de FUTUR.E.S IN AFRICA sont d’une grande diversité : certaines sont déjà reconnues et primées, d’autres ne le sont pas encore mais toutes présentent un fort potentiel de développement. Les projets présentés s’articulent autour de trois thématiques essentielles au développement des « Smart Régions » : 14 concernent les territoires, 10 l’éducation et 8 la santé. Avec des projets français et marocains mais aussi du reste de l’Afrique »

Le forum a aussi vu la présence de plus de 20 intervenants internationaux venus du Mali, de Côte d’Ivoire, du Kenya, du Benin, du Cameroun, du Niger, du Maroc, de France, d’Afrique du Sud, pour décrypter les tendances et enjeux de la transformation numérique au Maroc et en Afrique autour des 3 thématiques que sont l’éducation, la santé et les territoires.

L’évènement FUTUR.E.S in Africa destiné à rapprocher les écosystèmes français et africains et à soutenir l’innovation digitale, c’est en substance la déclaration de M. Bakkoury, qui dit que : «elle (l’innovation digitale) incarne l’émergence de nouvelles générations de mode de gouvernance pour fournir de meilleurs services aux citoyens ». Il confirme que « le passage au numérique n’est pas une fin en soi, mais un levier stratégique majeur et un catalyseur de développement inclusif ouvert sur les synergies du territoire, vue qu’en définitive, du point de vue du citoyen, c’est l’ensemble de ces services, quel qu’en soit le fournisseur, qui détermine le bien vivre ensemble et l’attractivité du territoire ».

Le digital dans le domaine de la santé a été aussi une des fortes attractions du forum, Arielle Ahouansou, Béninoise de 25 ans, panéliste, exposant et primée pendant la soirée des distributions de prix, a développé au Bénin une startup dénommée ‘’KEA Medicals ‘’ qui est une solution de numérisation des informations hospitalières. Pour cette jeune cheffe d’entreprise « KEA Medicals c’est de l’identité médicale universelle qui vise à attribuer à chaque personne une identification médicale unique, qui permet de remonter son cursus médical lorsqu’elle se trouve en face d’un médecin ». Elle précise « qu’il y a des cas où le patient se trouve inconscient à l’hôpital et que le médecin n’a pas l’information exacte pour savoir si le malade est hypertendu, diabétique ou allergique à un médicament… donc KEA Médical crée un profil médical relié à un code QR qui permet au médecin en cas d’urgence de scanner le code QR et de remonter toute l’historique médicale du patient ».

Sur cette même lancée, Philippe Baudouin, consultant chez IDATE en France et panéliste sur la thématique de la gouvernance, confirme l’importance du digital dans la santé. Il précise qu’ « un des enjeux principaux de l’intégration du numérique est que ce dernier offre de réelles perspectives d’amélioration du système de soin. La grande question reste la capacité du système actuel à pouvoir intégrer ses innovations pour faire bouger les lignes et notamment revoir les systèmes qui existent aujourd’hui et qui sont peu égalitaires en termes d’accès de soins, de financement de soins et de performance de l’ensemble du système de santé ».

Des enjeux de l’intégration du numérique, le Président de la Région de Casablanca-Settat annonce des perspectives prometteuses ; M .Bakkoury a fait savoir qu’il faut nécessairement « une législation appropriée, des infrastructures adaptées, l’encouragement de diffusion des outils numériques et de la promotion de leur utilisation auprès de la population, l’harmonisation des différents projets publics liés  au domaine des nouvelles technologies, la conception et la mise en œuvre des projets de l’administration électronique pour permettre un réel développement du digital ». La Présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France se veut, elle, ambitieuse, Valérie Pécresse révèle à l’assistance son souhait de voir l’Ile-de-France être« la région numérique par excellence », en développant de nouvelles applications au bénéfice des Franciliens (comme le projet multilingue) en adoptant une stratégie résolue d’open data.

Le problème du vide juridique reste toujours d’actualité en Afrique, car les gouvernements n’ont pas totalement légiféré sur la question du digital. Néanmoins, cet état de fait est appelé à évoluer, car il faudra un jour trouver des solutions. Par contre, il y a des choses qui sont très intéressantes et qui sont expérimentées, et c’est le moment d’en tirer les enseignements.

En Afrique, il y a des idées qui émergent dans le domaine des startups, des avancées avec l’intelligence artificielle et c’est déjà quelque chose de très novateur pour l’économie numérique.

Mouhamet Ndiongue

 



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