L’Istiqlal se tâte encore…

L’Istiqlal se tâte encore…

Le secrétaire général du parti de l’Istiqlal travaille, bouge, rencontre du monde, et tente de refaire ce même monde, en interne du moins… Nizar Baraka, très largement élu contre le sortant et tonitruant Hamid Chabat début octobre dernier à la fonction de secrétaire général, sillonne le pays. Un Istiqlalien parle aux Istiqlaliens, et pour l’instant aux seuls Istiqlaliens… Sauf hier, où il a décliné la position du parti quant à la relation avec la majorité, lors de son passage au forum de la MAP.

M.Baraka a donc dit qu’en avril, dans un mois, le Conseil national istiqlalien se tiendra, avec comme seul point à l’ordre du jour (avec, en plus, quand même, l’élection de son président) la définition du rapport de l’Istiqlal avec le gouvernement. Et là encore, la politique marocaine fait œuvre d’inventivité et de créativité.

En effet, l’Istiqlal maintiendra sa position de « soutien critique », déjà adoptée du temps de Chabat et de Benkirane, ou il basculera dans une autre approche, tout aussi joliment dite, celle de l’ « opposition constructive ». Dans les deux cas, il n’y a plus de place à la bagarre. Le temps des joutes rugueuses entre les deux sumotoris Hamid Chabat et Abdelilah Benkirane est bel et bien révolu, les docteurs Elotmani (psychiatrie) et Baraka (économie) étant bien plus posés, racés, polis,  voire policés. Et ils ont travaillé ensemble au sein du gouvernement Benkirane I, de juin 2012 à août  2013, quand l’actuel chef du gouvernement dirigeait la diplomatie et que M. Baraka était aux Finances.

Cependant, et selon des sources internes au parti, une grande partie, voire la majorité, des membres du Comité exécutif seraient favorables au maintien du « soutien critique » du gouvernement, qui serait la voie pour un basculement vers « une participation pratique », autre concept qu’il reste à inventer dans notre politique nationale… Un bon Istiqlalien est un Istiqlalien vivant, et un Istiqlalien vivant se doit d’être au gouvernement.

Cela étant, et dans l’attente de calmer les ardeurs des uns et des autres, notons quand même que Nizar Baraka parcourt le pays pour « s’approprier » le parti et lui imprimer une nouvelle dynamique, fondée sur son histoire et son implication en politique mais aussi et surtout dans la société. Le parti, depuis une vingtaine d’années, a perdu peu à peu son implantation dans les quartiers, et ses cadres, militants et sympathisants ont essaimé. La tâche, et le vœu, de M. Baraka, est de ramener l’ordre dans la maison. Vaste programme, le programme d’une vie.

Aziz Boucetta



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