Mohsine Jazouli rencontre le corps diplomatique africain
Un ministre délégué à la Coopération africaine doit être en relation avec les pays d’Afrique certes, mais aussi et surtout avec les ambassadeurs du continent accrédités à Rabat. C’est ce que vient de faire Mohsine Jazouli, en rencontrant le Corps diplomatique africain à Rabat. Ils se sont parlé.
« Il est beau, le jour où l’on rentre chez soi, après une trop longue absence ! », disait le roi Mohammed VI à Addis Abeba en janvier 2017, lors de l’accueil solennel du Maroc à l’Union africaine. « Il est beau, le jour où l’on rencontre ses frères chez soi », aurait pu dire Mohsine Jazouli aux ambassadeurs africains. Et c’est en substance ce qu’il leur a dit, dans une rencontre nocturne à Rabat, mardi 27 mars.
« Je suis convaincu que, tous ensemble, nous allons contribuer à écrire cette nouvelle page de l’Histoire de notre continent », a indiqué d’emblée le ministre aux diplomates, ajoutant, dans une affirmation musclée, que « l’Afrique en commun ne sera plus un champ de convoitises. Elle va faire entendre sa voix pour exiger, au-delà des aides au développement, une coopération et un partenariat gagnant-gagnant qui accompagneront le décollage de notre continent ». Soit. Les diplomates ont agréé.
En réponse au discours passionné du ministre, qui a repris les grands axes de la politique royale pour l’Afrique (jeunesse, démographie, investissement…), l’ambassadeur de la République Centrafricaine (et doyen du Corps diplomatique africain à Rabat) a repris à son compte la saillie de Rodrigue dans le Cid de Corneille, allusion au jeune âge (relatif) de M. Jazouli, dont la valeur n’attendrait donc pas le nombre des années…
Puis l’allégorie lyrique… « Que le vaisseau dont vous êtes désormais le copilote atterrisse par un vent calme et apaisé sur des pistes de prospérité ».
Mais en dehors du discours fleuri de diplomates, les deux parties ont évoqué la nouvelle zone de libre-échange africaine qui vient d’être signée par une quarantaine de pays du continent, à Kigali, au Rwanda. L’Afrique croit en elle et l’espoir croît en ses habitants. Portée par la politique, l’économie sera au service du social, lequel engendrera de nouveaux responsables politiques, dans une boucle vertueuse qui n’en est qu’au commencement.
Il faudra juste prendre garde aux appétits, « convoitises » et, pour tout dire, aux chausses trappes posées par les grandes puissances, attirées bave aux lèvres par les richesses d’un continent dont les responsables leur semblent encore inconscients de la force de leur union. Mais leur semblent seulement…
AB