Les éléments significatifs contenus dans le « pré-rapport » d’Antonio Guterres sur le Sahara

Les éléments significatifs contenus dans le « pré-rapport » d’Antonio Guterres sur le Sahara

Comme chaque année en cette période, la question du Sahara revient en force dans les couloirs de l’ONU. Cette année, les choses sont particulières car si le Secrétaire général des Nations Unies établira son second rapport, ce sera en fait le premier, celui de 2017 ayant été globalement inspiré par l’ancien Envoyé personnel Christopher Ross. Cette année, ce sera également le premier rapport du SG et la première résolution avec le nouvel Envoyé Horst Koehler. Des fuites ont permis de connaître les grandes lignes de ce très attendu rapport de M. Guterres.

Contexte régional

Après sa première tournée dans la région Maghreb, puis ses rencontres bilatérales avec les parties du conflit et les voisins – en l’occurrence Algérie et Polisario, en plus du Maroc –, M. Horst Koehler a présenté en mars son premier rapport devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Puis, dimanche 1er avril, le ton est brusquement monté à Rabat, quand le chef du gouvernement a réuni les chefs de tous les partis marocains, et quand les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères se sont présentés devant les Commissions des Affaires étrangères des deux Chambres du parlement, et enfin quand le représentant permanent du Maroc à l’ONU a planté ses banderilles…

On parle Casus belli, et on évoque la volonté du Maroc de faire « absolument tout » pour préserver son intégrité territoriale…

Roulements de tambour, donc, et bruits de bottes aux frontières sud-est du royaume, avec une Algérie en pleine crise institutionnelle et un Polisario désemparé. Et les deux agressifs.

Les grandes lignes du projet de rapport du Secrétaire général

1/ Le leadership de l’ONU sur la question. Le draft de M. Guterres précise et rappelle au besoin que seule l’ONU est habilité à examiner cette question, prenant comme argument et fondement la déclaration de l’UA sur le sujet, où elle indique la prééminence de l’ONU sur la question du Sahara. Aucune mention n’a été faite de la rencontre entre MM. Horst Koehler et Smaïl Chergui, le président algérien de la Commission Paix et Sécurité de l’UA.

2/ La (non) prise en compte de l’arrêt de la Cour de justice de l’UE. En Afrique ou ailleurs, Alger et sa filiale du Polisario ont insisté pour la prise en compte du dernier arrêt de la CJUE, dont ils ont fait une lecture favorable à leur position. Dans son draft, M. Guterres ne mentionne pas cet arrêt, restant dans la logique de la prééminence de l’ONU sur le dossier du Sahara.

3/ La zone tampon et son inviolabilité. Le patron de l'ONU affirme « son appel du 6 janvier 2018, pour que le trafic commercial et civil ne soit pas entravé et qu’aucune action ne soit menée qui pourrait constituer un changement dans le statut quo de la zone tampon » qui, faut-il le rappeler, inclut toutes les zones au sud et à l’est du dispositif de protection, c’est-à-dire du côté mauritanien et du côté algérien. Le Polisario est instamment prié de se retirer de la zone tampon, aussi bien Guergarate que Bir Lahlou, Tifariti, Mijek…

4/ Le référendum n’est plus à l’ordre du jour. Le draft de M. Guterres exclut toute mention d’un quelconque référendum, privilégiant l’option politique, sous l’égide de l’ONU, et rejetant les solutions extrêmes préconisées par les adversaires du Maroc.

5/ L’Algérie doit plus et mieux s’impliquer. Cela a été dit depuis la résolution 2351 d’avril 2017, et cela a encore été redit par le rapport de M. Koehler, qui a été jusqu’à comparer les relations actuelles entre le Maroc et l’Algérie et celles qui prévalaient des décennies durant entre Paris et Berlin. M. Guterres l’a encore répété, l’Algérie, en tant que voisin directement concerné, doit s’impliquer dans le processus politique pour la résolution du conflit.

6/ Avantage Maroc. Selon les premières lectures du draft du SG de l’ONU, les quatre fondamentaux énoncés par le roi du Maroc sont repris, la souveraineté du Maroc sur le Sahara, l’ONU comme leader de médiation, le non-changement des paramètres du dossier, et la nécessité d’inclure toutes les parties dans le règlement. De plus, il est fait mention des investissements consentis par le Maroc dans la région de son Sahara, mettant à mal la théorie du pillage des ressources du territoire, abondamment servie par les Algériens et leurs affidés.

AB



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