Mustapha Salma explique la brusque montée de tension au Sahara
L’ancien chef de la police du Polisario Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud , en exil en Mauritanie, estime que la tension enregistrée ces derniers jours au Sahara, entre le Maroc et l’Algérie, par Polisario interposé, ne sert pas les intérêts de ce dernier, qui part perdant.
Répondant aux questions de notre confrère Mowatine.com, l’ancien dignitaire du Polisario, tenu à une obligation de réserve du fait que sa famille est toujours détenue dans les camps de Tindouf, explique néanmoins que l’agitation du Front est essentiellement due à l’adhésion du Maroc à l’Union africaine. Selon lui, les dirigeants du Front aspirent à déplacer certaines de leurs « institutions de souveraineté » dans la zone tampon. L’idée serait de disposer, enfin, d’un territoire et d’une population qui y habite…
Ainsi, Brahim Ghali et ses amis veulent installer leur « présidence » et leur « ministère de la Guerre » à Bir Lahlou, et leur « parlement » à Tifariti. Mais rien de cela ne semble s’être produit à l’heure actuelle, à en croire l’ancien chef de la police du Polisario. Ce dernier ajoute que les déplacements de véhicules militaires et autres gesticulations du Front n’ont qu’un objectif, en l’occurrence exercer une pression en vue de la fermeture du point de passage de Guergarate, ou au moins le changement de son statut.
Pour rappel, le Maroc, conscient de ces provocations et voyant venir les gens du Polisario, a alerté aussi bien l’ONU que la Minurso, menaçant d’agir de son côté pour rétablir la légalité internationale, c’est-à-dire le retrait des forces des deux parties des zones tampon situées à l’est et au sud du dispositif de protection érigé par le Maroc dans les années 80, et entériné par l’Accord de cessez-le-feu de 1991.
Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit tenir une réunion en fin de mois pour se prononcer sur le renouvellement du mandat de la Minurso, et examiner les avancées du dossier après les recommandations de la résolution 2351 d’avril 2017. Le SG Antonio Guterres doit présenter son rapport dans les quinze jours.
AB