Le Maroc rompt ses relations avec l'Iran, les explications de Bourita (mis à jour)
Le Maroc a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran en raison des liens et du soutien de son allié le Hezbollah avec le Polisario. L'information a été confirmée par le ministère des Affaires étrangères du Maroc. Le chargé d'affaires iranien à Rabat doit quitter le Maroc dans les prochaines heures, "sans délai", sous peine d'expulsion par les autorités marocaines.
Selon le ministre Nasser Bourita, une "première livraison d'armes a été récemment fournie au Polisario", via un "élément" à l'ambassade iranienne à Alger. Les armes venaient du Hezbollah donc, allié de Téhéran dans la région. Le ministre des AFfaires étrangères vient de rentrer d'Iran, a-t-il expliqué : « Je viens de rentrer de Téhéran où j'ai eu une rencontre avec le ministre iranien des affaires étrangères, Jawad Darif, que j'ai informé de la décision du Royaume du Maroc de rompre ses relations diplomatiques avec la République islamique d’Iran. L’ambassadeur du roi à Téhéran a quitté ce jour l'Iran et je vais recevoir le chargé d’affaires de l'ambassade d'Iran dans 30 minutes pour lui demander de quitter le Royaume du Maroc sans délai », a ajouté le ministre marocain.
Nasser Bourita a affirmé aussi que l'animosité du Hezbollah à l'égard du Maroc avait commencé en 2016, quand Rabat avait interpellé à Casablanca un haut responsable financier du Hezbollah, Kacem Mohamed Tajeddine, et l'avait extradé aux Etats-Unis, suite à un mandat d'arrêt international. AUjourd'hui, le ministre a indiqué que le Maroc dispose de preuves de l'implication du Hezbolla libanais dans la fourniture de missiles Sam 9 et Sam 11 au Poliario, en plus de leur procurer des instructeurs... "et le Maroc détient des preuves que la collusion d'au moins un membre de l'ambassade d'Iran à ALger dans ces opérations de founitures d'armes".
Les Iraniens n'ont pas encore réagi à cette décision spectaculaire qui intervient en plein bras de fer entre Téhéran et Washington au sujet de l'accord sur le nucléaire iranien. Les relatiosn diplomatiques entre les deux pays ont été rétablies en 2014, après 5 ans de rupture quand, en 2009, Rabat avait rappelé son ambassadeur en Perse par solidarité avec Bahreïn, que l'Iran avait déclaré "14ème province de l'Iran". En revanche, le Hezbollah a réagi, "regrettant que le Maroc, sous la pression de l'Arabie saoudite, des Etats-Unis et d'Israël, n'ait trouvé que ce prétexte pour justifier la rupture de ses relations avec l'Iran. Nous démentons catégoriquement les accusations du Maroc, qui aurait pu trouver d'autres raisons, autrement plus convaincantes".
Pour en revenir à la décision d'aujourd'hui, et on ne le dira jamais assez, la mise en orbite fin 2017 du staellite Mohammed VI a changé la donne, le Maroc étant désormais informé par ses propres moyens des activités du Polisario. En avril, le ministre Bourita avait produit des preuves par l'image sur l'installation du Polisario dans certaines zones de la bande tampon au Sahara, à l'est du mur. Et ce mardi 1er mai, il a répété à plusieurs respirses disposer de preuves contre le Hezbollah et contre l'Iran... des images encore ?
AB