Lahcen Daoudi « On peut boycotter une entreprise un jour ou deux, mais pas la tuer »

Lahcen Daoudi « On peut boycotter une entreprise un jour ou deux, mais pas la tuer »

Dans uns sortie médiatique suite à l’annonce par Centrale Danone d’un plan de licenciements et de baisse de 30% de ses collectes de lait, le ministre des Affaires générales Lahcen Daoudi a apporté son explication, tantôt juste, tantôt emphatique, mais raisonnable dans l’ensemble. Les dégâts sont importants, et il est temps aujoud’hui de réfléchir… dans les deux sens.

Lahcen Daoudi commence par annoncer les chiffres : 1.000 licenciements et 120.000 familles en difficulté, soit environ 600.000 personnes. Selon le directeur général de l’entreprise Didier Lamblin qui a fait cette semaine des déclarations médiatiques remarquées (et pour cause !), les licenciements sont en fait une résiliation des contrats intérimaires. Ce sont quand même des emplois en moins, intérimaires ou pas. Le patron de Danone n’avait pas pour autant précisé l’effectif, ce que Lahcen Daoudi à dit à sa place.

Pour les 120.000 familles, il est vrai que la situation est inquiétante car la collecte de lait a baissé de 30% et que les choses peuvent rapidement se précariser. Le ministre des Affaires générales rappelle et affirme qu’il n’y a pas de raison de boycotter Centrale Danone car il n’y a pas d’augmentation de prix de ses produits.

Puis le ministre explique qu’il ne faut pas croire tout ce qui est écrit, comme jadis quand on donnait crédit à tout ce qui paraissait dans un journal. Sur internet, selon Lahcen Daoudi, il en va autrement, et « si le boycott arrange certaines gens, il ne faut pas pour autant détruire toute une économie ».  On le sent alarmé par les annonces choc de Didier Lamblin, et il met en garde contre la réticence dont feront montre désormais les investisseurs avant de venir s’installer au Maroc, qui verra très certainement des entreprises étrangères se détourner de lui à l’avenir.

C’est sur un ton mesuré,  mais qui laisse transparaître une sorte d’agacement face à ce boycott qui dure, le ministre et ancien secrétairerie général adjoint du PJD affirme qu’ « on peut boycotter une entreprise un jour ou deux pour envoyer un message, mais il ne faut pas persister dans ce boycott jusqu’à tuer l’entreprise ». Pour lui, Centrale Danone est une multinationale étrangère dans et pour laquelle le Maroc ne représente qu’une petite part ; elle peut donc s’en aller si les choses devaient continuer ainsi.

Cela étant, sur la Toile, plusieurs analystes commentent les dernières décisions de Centrale Danone et s’étonnent de constater, par exemple, une augmentation des ventes avec un résultat net stable, appelant le fisc à s’intéresser aux relations de l’entreprise avec sa maison-mère Danone en France. De la même manière, d’autres commentateurs affirment qu’il est plus rentable pour Centrale Danone de traiter le lait en poudre (importé) que le lait produit des campagnes marocaines. Et puis, est-il vraiment légal de rompre des contrats de travail, avec cette ampleur sans en aviser les services publics ?

Ainsi, s’il est vrai que « tuer » une entreprise n’est jamais la solution idéale, il serait peut-être bon de répondre aux populations en s’intéressant aux résultats, chiffres et données techniques de l’entreprise. Si tout va bien, l’opinion publique sera convaincue que l’action contre Centrale Danone doit cesser ; dans le cas contraire, la même opinion publique aura eu raison de protester.

Aziz Boucetta

 



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