Jouahri présente au Roi le rapport annuel de BAM sur la situation économique
Le Roi Mohammed a reçu, dimanche à Al Hoceima, le wali de la banque centrale Abdellatif Jouahri, qui a présenté au Souverain le rapport annuel de la Bank Al-Maghrib (BAM) sur la situation économique, monétaire et financière au titre de l’exercice 2017. Dans son allocution, le gouverneur de BAM est revenu sur le comportement de l’économie marocaine en 2017, marquée par une croissance de 4,1% du PIB grâce notamment aux conditions climatiques favorables. « Cette amélioration a permis la création d’un nombre important d’emplois, qui est resté toutefois insuffisant pour absorber les nouveaux demandeurs sur le marché du travail, entraînant ainsi une légère hausse du taux de chômage », a-t-il affirmé. Au niveau des équilibres macroéconomiques, il a notamment précisé que le déficit budgétaire s’était allégé à 3,6 pc du PIB et que le déficit du compte courant était revenu à 3,6 pc du PIB, contribuant à maintenir les réserves internationales nettes à un niveau permettant de couvrir près de six mois d’importations.
Dans ce contexte, l’inflation a marqué un net ralentissement, revenant à 0,7 % sous l’effet d’une amélioration de l’offre des produits alimentaires à prix volatils, a poursuivi M. Jouahri. Au regard de ces évolutions, a-t-il ajouté, Bank Al-Maghrib a maintenu l’orientation accommodante de sa politique monétaire en vue de soutenir l’activité économique. Elle a ainsi gardé son taux directeur inchangé et a continué son programme de soutien au financement bancaire des très petites, petites et moyennes entreprises. Bank Al-Maghrib a également continué de renforcer son cadre de supervision bancaire, tout en assurant un accompagnement particulier aux banques participatives dont les activités ont démarré au courant de l’année. La Banque a également procédé au rehaussement de la crédibilité des systèmes et moyens de paiement et à la consolidation de la résilience des infrastructures des marchés financiers. Il a relevé par ailleurs que l’année 2017 a été marquée par l’aboutissement des préparations de la réforme du régime de change, dont la mise en oeuvre, entamée au début de l’année 2018, se déroule dans de bonnes conditions avec une appropriation par les banques.
Dans le même sillage, M. Jouahri estime que la réforme de la compensation devrait être parachevée et généralisée dans le cadre d’une politique plus globale axée à la fois sur l’instauration de la réalité des prix et sur le soutien aux ménages les plus démunis. A ce sujet, il a affirmé qu’il devenait urgent de mettre en place un système de ciblage de la population, d’autant plus que plusieurs programmes sociaux font face à de fortes contraintes financières qui menacent leur viabilité.
Pour consolider et pérenniser ces acquis, M. Jouahri estime que les autorités gagneraient à revoir la gouvernance de la politique publique pour lui assurer davantage de cohérence, d’efficacité et de rendement.
La rédaction