Le Maroc à la manœuvre pour l’approbation du Pacte mondial pour les migrations à Marrakech
Ce sont environ 160 Etats qui se retrouvent ce lundi à Marrakech pour approuver le Pacte mondial sur les Migrations, piloté par l'ONU. Le texte polarise les critiques des nationalistes et des anti-migrations. Plusieurs désistements ont eu lieu, des Etats qui avaient approuvé le texte proposé à l’adoption, avant de se retirer, sous des pressions internes et externes.
Le Maroc est à la manœuvre, car en accueillant sur son sol le site qui reçoit les délégations, avant une autre réunion qui aura lieu dans quelques semaines à New York, il « sauve » en quelque sorte le pacte. En effet, au siège de l’ONU, quand les débats reprendront, le texte aura déjà été approuvé, et il « ne restera plus » qu’à emporter l’adhésion des autres. Les participants à la grand-messe de Marrakech seront donc là, sur invitation insistante des Marocains, et œuvreront en conséquence à faire aboutir le Pacte. Ensuite, la base juridique sera là, il restera à l’affiner.
25 chefs d’Etat et de gouvernement environ seront là, avec une quarantaine de ministres des Affaires étrangères et une trentaine de ministres de l’Intérieur. Les autres nations seront représentées à des niveaux inférieurs, comme la France, qui n’envoie (par Ryanair) qu’un secrétaire d’Etat.
Dans son allocution de dimanche 9, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a remercié le Maroc pour son organisation, et considéré que ce Pacte était un premier pas pour la suite. Il est vrai que le texte a fait l’objet d’un grand nombre de fake news, tournant toutes autour de la « perte de souveraineté » des Etats signataires, alors même que cela a été dite et redit, le texte n’est pas contraignant, et chaque Etat est libre de l’implémenter dans ses législations internes.
La représentante spéciale du SG de l’ONU pour les Migrations Louise Arbour, qui donnait une conférence de presse dimanche 9 à Marrakech, a affirmé pour sa part qu’ « il est étonnant qu'il y ait eu autant de désinformation à propos de ce que le Pacte est et de ce qu'il dit (...), il ne crée aucun droit de migrer, il ne place aucune obligation sur les Etats ».
Adopté et signé le 13 juillet à New York, le texte a vu le retrait de neuf pays - Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie - et sept autres ont souhaité plus de consultations internes : Belgique, Bulgarie, Estonie, Israël, Italie, Slovénie et Suisse, a précisé Louise Arbour, qui n’a pas parlé des Etats-Unis et de leur rôle dans le retrait, par exemple, da la République dominicaine. Mais tout le monde connaît l’aversion de Donald Trump pour le multilatéralisme et la « gouvernance mondiale ».
Le Pacte mondial pour des migrations, sûres, ordonnées et régulières sera donc approuvé par acclamations, et le monde entamera un long processus pour assouplir les juridictions nationales en termes de mobilités humaines, et aussi et surtout pour offrir plus d’assurances et plus de droits aux migrants vulnérables.
AB