Climat social: le ministre de l’intérieur joue la proactivité
Avec des projets de grèves et marches tout azimut en ce début d’année, le ministre de l’Intérieur Abdelouahed Laftit a convoqué différents centraux syndicaux pour statuer sur le climat social en rapport avec les activités à venir.
La raison de cette réunion serait en autre de tâter le pouls des organisations syndicales dans un climat de tension sociale avec notamment le statut quo du dialogue social avec le gouvernement qui peine toujours à satisfaire la demande des syndicats.
Il donc assez compréhensible les raisons qui ont poussé nombre de centrales syndicales à menacer le pays de paralysie en observant des grèves dans plusieurs secteurs. Déjà, a réaction du bureau national de la Fédération nationale des enseignants est assez édifiante de la montée des périls à l’heure où ce syndicat appelle ses affiliés à s’intégrer dans le combat des ouvriers et autres catégories de la population éprouvées par l’injustice sociale.
Donc la réunion convoquée par le ministère de l’Intérieur, département qui veille entre autres missions sur la paix sociale dans le pays, est illustrative des risques encourus au regard des répliques que la tension sociale risque d’engendrer dans un pays où les processus de déclassement et de paupérisation vont crescendo.
Abdelouahed Laftit veut donc jouer la carte de la proactivité, alors que ses pairs du PJD (Elotmani et Yatim) jouent celle du « pourrissement ». Toutefois, les parties savent pertinemment que l’agenda se limitera à la panne du dialogue social depuis que les syndicats ont choisi de tourner le dos à un Exécutif mal inspiré. Tout en annonçant tout un programme de contestations pour ce début d’année. Comme c’est le cas de la CDT qui a déjà mobilisé le corps des collectivités locales et prévoit, dans un processus de montée en puissance, d’organiser une marche à Tanger dès vendredi.
Donc la mission de Laftit consistera aussi à désamorcer une bombe latente qui couve de plus en plus dans un contexte mondiale marqué aussi par les manifestations des Gilets Jaunes en France qui pourraient servir d’exemple aux syndicaliste et autres organisations marocains, sauf que le France n’est pas le Maroc.
Mouhamet Ndiongue