Enquête CMR: Le SNPM appelle à porter un brassard
Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) invite les journalistes, ce mercredi 6 mars, à porter un brassard sur le lieu de leur travail et à se joindre au sit-in qu’il organise ce mercredi à 11 h devant le tribunal de première instance.
Après plus d’un an, le procès des 4 journalistes poursuivis pour divulgation d’informations à caractère secret liées aux travaux d’une commission d’enquête sur la Caisse marocaine de retraite à la Chambre des conseillers arrive à son épilogue ce mercredi.
Ce qui suscite l’indignation du syndicat est le réquisitoire du parquet, il y a une semaine. Il avait requis, en effet, la prison ferme à l’encontre de ces journalistes et du député CDT, également poursuivi pour les mêmes motifs. Des rapports, qui lui auraient été adressés par le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchamach, et le président du groupe parlementaire du PAM, Aziz Benazzouz constitueraient « des preuves accablantes » dans ce dossier.
Consternation auprès des accusés, Mohamed Ahdad (Al Massae), Abdelhak Belachgar (Akhbar Al Yaoum), Kaoutar Zaki et Abdelilah Sakhir (Aljarida24), et le conseiller parlementaire Abdelhak Hissane. Pour eux, ce rebondissement laisse présager le pire. Les poursuites se basent sur deux articles du code pénal, 446 et 129, relatifs à la complicité dans les cas d’infraction qualifiée de crime ou délit et la divulgation du secret professionnel. Ils stipulent une peine d’un à six mois de prison et une amende de 1.200 à 20.000 dirhams.
Le SNPM, qui était intervenu, à l’ouverture de ce procès, en tant que médiateur pour arriver à un accord à l’amiable, réalise, à présent, que ses efforts n’ont pas abouti. Le président de la 2e Chambre du Parlement qui devait présenter par écrit le retrait de sa plainte avait toujours démenti l’avoir déposée.
Face à ce démenti, le SNPM avait alors exprimé ses craintes que ce procès soit « un règlement politique entre les groupes politiques au sein de la Chambre des conseillers ». Pour lui, les journalistes avaient simplement « rempli leur mission d’informer sur des données précises et exactes ». Et de rappeler que le rapport de la commission d’enquête étant devenu public, depuis, « son contenu ne relève plus du secret » et donc « les poursuites n’ont aucun fondement juridique ».
La rédaction