Perspectives économiques : La CDG projette un ralentissement de la croissance

Perspectives économiques : La CDG projette un ralentissement de la croissance

Le comportement de la croissance économique et de l’inflation dépend, dans une large mesure, de la performance de la saison agricole, qui s’affiche fortement corrélée à la production céréalière (graphe 10), et ce en dépit des efforts de diversification entrepris dans le cadre du Plan Maroc Vert (PMV).

En effet, bien que la part du secteur agricole dans le PIB figure limitée dans une fourchette de 13% à 15%, selon la performance de la campagne, l’impact sur la volatilité du PIB demeure important en raison de la prépondérance du secteur dans l’emploi, avec environ 40% de la population totale, soit l’équivalent de la population employée dans le secteur tertiaire, ce qui affecte la demande des ménages étant l’une des locomotives de la croissance.

De même, la prépondérance de l’alimentation dans le panier de consommation des ménages, notamment les produits frais dont la part avoisine les 20% avec une volatilité des prix importante en fonction des perspectives de la récolte, génère une forte corrélation de l’inflation, mesurée par l’Indice des Prix à la Consommation (IPC), à la composante alimentaire.

Ainsi, après une année 2018 marquée par une récolte céréalière record de 103 millions de quintaux, en hausse de 7,3% comparativement à l’année précédente, la saison en cours 2018/2019 affiche des perspectives moins prometteuses, et ce en dépit de la hausse de la superficie emblavée de 4,5 millions de hectares à 5,2 millions et une amélioration du rendement par hectare, grâce aux efforts menés dans le cadre du PMV, lequel est passé à 22,9 quintaux/ hectare en 2018 contre seulement 18 quintaux enregistrés au cours de la campagne 2016/2017.

En effet, tenant compte de la répartition spatio-temporelle de la pluviométrie, au cours des derniers mois, la récolte céréalière devrait osciller autour de 60 millions de quintaux, selon les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib, soit un recul prévu de -41,7% en glissement annuel.

Par conséquent, la croissance de la VA agricole devrait atteindre -0,8% en 2019 contre 4,6% enregistré en 2018 et 15,4% en 2017. Toutefois, l’impact de cette régression sur la croissance globale devrait être amorti grâce à la consolidation de la composante non agricole, dont la croissance devrait atteindre 3,1% en 2019 contre 2,9% estimée pour l’année écoulée. De ce fait, la croissance économique nationale devrait rester quasi-stable, comparativement à l’année 2018, oscillant autour de 3%.

Evolution de l’inflation et l’inflation sous-jacente

Pour ce qui est de l’inflation, l’année 2018 a connu un cycle intra-annuel particulier marqué en début d’année par une montée en puissance de l’inflation, particulièrement alimentaire en liaison avec l’apparition des signes de sécheresse, avant le redressement de la saison agricole grâce aux pluies enregistrées en mois d’avril, ayant générées un recul des prix de l’alimentation frais. Ce cycle, clôturé par une inflation moyenne annuelle de 1,9% en 2018 contre 0,7% une année auparavant, devrait fortement impacter le comportement de l’IPC en 2019 avec une faible évolution en début d’année compte tenu de l’effet de base. Dans ce contexte, l’inflation en 2019 est prévue à la baisse pour évoluer en dessous de 1%.

Parallèlement, l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et administrés, reflétant ainsi la tendance de fond des prix sous l’effet de la confrontation offre/demande, dont l’évolution s’affiche décolérée par rapport à l’inflation globale, devrait rester quasi-stable au niveau de 1%, soit un niveau largement inférieur de la cible théorique de 2%.

Mouhamet Ndiongue



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