Les Assises de l’Agriculture pas annulées mais… reculées

Les Assises de l’Agriculture pas annulées mais… reculées

Cela fait 10 ans que chaque mois d’avril, et avant l’ouverture du Salon international de l’agriculture au Maroc, ou SIAM, se tiennent les désormais fameuses Assises de l’agriculture. L’année dernière, on en était à la 10ème édition, et cette année, en toute logique, ce sera la 11ème… sauf qu’il n’y aura pas de 11ème cette fois. Le SIAM se tiendra sans les Assises.

Pourquoi avoir annulé les 11èmes Assises ? Il ne s’agit pas d’une annulation, car « on annule que ce qui a été préalablement annoncé » explique avec une logique renversante une source au sein du ministère dirigé par Aziz Akhannouch. Très juste. Mais alors il aurait fallu ou au moins mieux valu communiquer sur le fait que ces Assises ne se tiendront pas en avril 2019  car de l’attente suscitée par cet événement est venu le sentiment de l’annulation.

Pourquoi l’attente ? Parce que c’est à cette occasion des Assises que sont annoncées les grandes orientations de la politique agricole nationale et qu’est annoncé aussi, et surtout, le volume de la production céréalière. En 2018, le seuil des 100 millions de quintaux avait été dépassé. Cette année, rien de moins sûr et le hasard faisant souvent correctement les choses, les chiffres de la production céréalière ne devraient pas être annoncés.

La raison du report des Assises tient dans le fait que le département de l’Agriculture planche toujours sur une seconde version, ou une seconde vie, du Plan Maroc Vert, tel qu’elle a été demandée par le roi Mohammed VI à Aziz Akhannouch le 19 octobre dernier lors d’une audience solennelle, qui faisait suite au discours d’ouverture du parlement, quelques semaines plus tôt.

Cette nouvelle stratégie, le roi l’a cadrée et lui a fixé des objectifs, en l’occurrence :

1/ Mise à disposition aux ayant-droits d’un million d’hectares supplémentaires ;

2/ Création des instruments financiers pour l’exploitation de ces terres ;

3/ Encouragement des jeunes ruraux, aux fins de réduire l’exode rural, source de paupérisation de ces populations ;

4/ Création d’une classe moyenne agricole…

Les réflexions autour de ce nouveau Plan, qui devrait courir une dizaine d’années au moins, battent leur plein, en concertation nous explique notre source avec les professionnels de l’agriculture. Mais certains de ces derniers contestent précisément le fait d’être maintenus à l’écart, prenant comme exemple les Assises de la fiscalité qui brassent, selon eux, plus large et impliquent tout le monde.

Il semblerait que le temps requis pour délimiter le million d’hectares soit dû aux concertations menées par le ministère de l’Intérieur, en charge des terres collectives qui doivent fournir ces surfaces. Il faudra donc attendre la rentrée pour connaître, enfin, les grandes lignes du Plan demandé par le roi, presqu’un an après.

Aziz Boucetta

 



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