La réforme du Code de la famille discutée chez les représentants
15 ans après l’adoption du premier Code de la famille, les mutations de la société marocaine imposent une réforme, afin d’améliorer les droits de la femme et des enfants.
A cet effet, le groupe de travail thématique chargé de la parité et de l’égalité à la Chambre des représentants a organisé, mercredi à Rabat, une journée d’étude consacrée à l’évaluation du bilan du Code de la famille.
L’objectif de cette rencontre est d’examiner les défaillances dévoilées par la pratique, valoriser les acquis du Code de la famille et partager les opinions et les propositions visant à améliorer le contenu de ce texte et l’adapter à la société d’aujourd’hui.
Intervenant lors de cette rencontre, la présidente du groupe de travail, Khadija Ziani, a estimé qu’il s’agit d’un sujet d’actualité qui est revenu au-devant de la scène, soulignant la possibilité de procéder à l’amendement de ce texte, à la lumière du contenu du message royal adressé aux participants à la 5ème Conférence islamique des ministres chargés de l’Enfance, organisé à Rabat par l’ISESCO les 20 et 21 février 2018.
Elle a estimé que toute révision du Code doit rester à l’écart des « surenchères politiques et des luttes idéologiques ».
Quinze ans après l’entrée en application du texte, l’adaptation de son contenu juridique avec la réalité vécue devient une nécessité évidente pour les intervenants dans ce domaine, a affirmé Mme Ziani.
Après avoir noté que l’adoption du Code de la famille a constitué une véritable révolution lors de son adoption, elle a souligné qu’il est nécessaire à ce stade d’intégrer l’approche du genre social en harmonie avec les normes onusiennes et le référentiel national, selon une méthode de diversification des idéologies inspirantes et de procéder étape par étape tout en veillant à empêcher la politisation de ce dossier.
Des chiffres parleurs
De son côté, la ministre de la Famille, Bassima El Hakkaoui, a rappelé les résultats de l’étude nationale menée en 2009 et 2016 par ce département au sujet du Code de la famille, et qui ont montré que 70 % des sondés avaient estimé que ce texte est bénéfique pour la femme, un pourcentage qui est tombé à 61 % en 2016.
Le Code, basé sur des principes bien ancrés, a pris en considération la dimension culturelle et a eu pour objectif de rendre justice aux femmes, sachant que cette même étude avait montré que 68,8 % des sondés considéraient que la responsabilité de gestion de la famille incombe aux hommes, contre seulement 24 % des avis estimant qu’il s’agit d’une responsabilité partagée entre les deux conjoints, a-t-elle précisé.
Quant à l’âge légal du mariage, la ministre a rappelé que 84,4 % des sondés ont soutenu le législateur qui a fixé cet âge à 18 ans, alors que 16 % seulement se sont opposés à cette mesure, ajoutant que ce texte a aussi consacré le droit de la femme d’être tuteur légal de ses enfants mineurs.