Assises de la culture: De bons discours et du « rock » pour débuter
A l’initiative de Neila Tazi, Présidente de la Fédération des Industries Culturelles et Créatives - FICC au sein de la CGEM, se sont tenues à Rabat pour la première fois les Assises des Industries Culturelles et Créatives. Cette initiative de grande envergure qui a vu la participation de près de 600 personnes de toutes générations et disciplines confondues, a eu le soutien et la participation du ministère de la culture. Au cours des deux jours des débats de hautes intensités tiendront le haut du pavé sur ce que sera la culture dans les années à venir. D’autant plus qu’il ne sera pas aisé durant ces deux jours, de faire le tour de la problématique des entraves au développement culturel et aux maux dont souffre ce vaste secteur à la tête duquel trône un ministère aux moyens limités appelé à se fondre dans un autre département.
Dans son discours, Habib Malki, président de la Chambre des représentants a évoqué les relations entre les dimensions culturelle et économique du Maroc qui pour lui doivent être rapprochées. Pour cette première conférence sur la culture, il a déclaré que « ce premier débat en son genre est l'occasion d'établir un dialogue national pour valoriser la culture et l'art dans notre pays ». Pour la diversité et l’inclusion de tout le monde, « j'invite les investisseurs et les femmes à prendre conscience de l'importance d'investir dans les domaines de la culture et de la créativité", a déclaré le président de la Chambre des représentants.
Attendu mais absent tout comme le chef de gouvernement, le ministre de l’Economie et des finances a par ailleurs fait lire son discours par M. Zouhair Chorfi, Secrétaire Général du Ministère de l’Economie et des Finances dans lequel, il déclare que « l'économie créative commence à jouer un rôle moteur dans les dynamiques de croissance et de création d'emplois » et « c'est de cette volonté commune entre le secteur public et le secteur privé que vient le changement ». La question de la gouvernance de l’industrie de culture, le ministre a rappelé que des discussions sont entrain d’être faites concernant une fiscalité plus idoine pour acteurs culturels.
Neila Tazi, cheville ouvrière de ces Assises a dans son allocution de très haute facture et vivement applaudie déclaré que « la culture est un enjeu transversal, elle est pour tous et partout ». Et l’initiatrice de Festival Gnaoua de préciser que «aujourd'hui, nous avons dépassé le stade de l'urgence et nous sommes plus que jamais au carrefour de nos responsabilités, c'est-à-dire des décisions que nous devons prendre». Exact.
La CGEM organisatrice de ces Assises est représentée par Mohamed Fikrat, président et chef de la direction de Cosumar qui dans sa déclaration estimé que «la culture raccourcit les distances pour plusieurs projets».
« J’aurais voulu être un artiste » cette phrase de Ahmed Reda Chami, Président du Conseil Economique Social et Environnemental restera longtemps dans les mémoires. Connu dans un discours direct et alertant M. Chami a surpris son monde en entonnant ses regrets de ne pas pu être chanteur dans un ton rocailleux à la Gainsbourg. Revenant sur un ton plus institutionnel, le président du CESE estime « qu’il faut assurer la protection de la propriété intellectuelle ». Sur le plan de la formation il déclare la nécessité de former des profils et développer des filières spécialisées dans la culture. «Nous avons souligné la nécessité pour le secteur de la culture et de l'innovation de disposer d'un plan stratégique national et volontaire», conclut M. Ahmed Reda Chami.
Mouhamet Ndiongue