Covid-19 au Maroc: Que retenir entre le 2 mars et le 12 avril ?
Le 31 décembre 2019 a été enregistré à Wuhan, en Chine, le premier patient atteint d'une maladie pulmonaire mystérieuse qui plus tard a été nommée Coronavirus Covid-19. Six semaines plus tard, le 7 janvier, un premier cas est détecté à l'étranger : un visiteur de Wuhan y est testé positif du virus.
Le 30 janvier, l’OMS annonce que l’épidémie constitue une urgence de santé publique de portée internationale avant d’annoncer le 12 mars 2020 que la maladie est une pandémie.
Suite à la propagation fulgurante de la maladie, les chefs d'État et de gouvernement du monde entier ont pris des mesures drastiques pour la contenir, allant du couvre-feu à l’état d’urgence sanitaire avec à la solde un confinement de la moitié de l’humanité.
Pour sa part, le Maroc a très vitre entrepris un vaste plan de riposte. Cette chronologie réalisée par le ministère de la Santé retrace la situation épidémiologique au Maroc du 02 mars au 12 avril 2020 avec les différentes mesures prises par le royaume pour endiguer la propagation du virus.
Dénommée Plan national Covid-19, le Maroc a mis en place cette stratégie tétraptyque composée de quatre cellules : « Veille et surveillance », « Prise en charge des cas et lutte contre la propagation contre le coronavirus », « Gouvernance et coordination » et d’une cellule « information et communication ». Ces cellules ont comme mission de prévenir l’introduction sur le territoire national du SARS-CoV-2 (coronavirus), de détecter précocement les cas, de contenir la propagation du virus et d’organiser une réponse nationale adaptée au système de santé.
Les évolutions
Malgré les mesures draconiennes prises, le Maroc a enregistré son premier malade le 2 mars 2020. Cette première infection est un cas importé de COVID-19 selon les autorités sanitaires du royaume. Le 13 mars 2020, le premier cas secondaire est signalé. Ainsi le nombre de cas confirmés a augmenté progressivement.
Avec la propagation continue, le Maroc entame la phase II de son plan de riposte avec la mise en œuvre de mesures de distanciation sociale :
‒15 mars : Fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes ;
‒16 mars : Fermetures des établissements d’enseignement pour tous les niveaux scolaires, secondaires et universitaires ; Confinement progressif de la population, qui reste néanmoins partiel ;
‒20 mars : Etat d’alerte (Décret) confinement total (exception approvisionnement).

Le ministre de la Santé Khaled Aït Taleb a officiellement approuvé l'utilisation par tous les hôpitaux du Maroc de chloroquine et hydroxychloroquine pour le traitement, après avoir consulté le comité technique et scientifique du Programme national de prévention et de contrôle de la grippe et des infections respiratoires aiguës graves. Cela ressort de la circulaire que le ministre a envoyée le 23 mars.
« La chloroquine est une molécule antipaludique largement utilisée pour traiter le paludisme, les maladies rhumatismales et le lupus », indique le communiqué de presse.
« Elle a montré des résultats prometteurs contre le coronavirus en augmentant la capacité immunitaire de l'individu. Elle est produite localement et en quantité suffisante pour traiter les patients selon le protocole établi par les experts », a ajouté la même source.
A ce jour (15 avril), le Maroc enregistre une forte tendance pour les guérisons avec à ce jour 218 personnes guéries.

Tendance baissière de la propagation
Le mardi 14 avril, Khalid Ait Taleb a appelé à la vigilance car « l’épidémie peut redoubler d’intensité », et recommandé le maintien de « l’état d’urgence sanitaire jusqu’à ce que la situation épidémiologique devienne rassurante ». A cet égard, il a affirmé que le principal indicateur qui présente des données sur la vitesse de propagation de l’épidémie, commence à diminuer et cela atteste, selon lui, d’une certaine maîtrise de l’épidémie. « Mais cela ne signifie pas qu’il faut être optimiste et dire que nous avons remporté la bataille contre le Coronavirus », a t-il dit, appelant à plus de vigilance car le virus peut se propager à très grande vitesse.

Cartographie des cas enregistrés
Le premier cas de coronavirus au Maroc a été détecté à Casablanca, la capitale économique du royaume. Après quelques semaines, les 12 régions du Maroc ont toutes enregistré des cas. Cependant, il est constaté une disparité de présence des cas entre les régions. Pour autant les 57 provinces et préfectures sont toutes touchées par la maladie.

Répartition selon les âges
Selon l’OMS, les enfants contractent le coronavirus aussi facilement que les adultes. Cependant, ils ne développent pratiquement aucun symptôme et ne tombent que rarement malades. Cela pourrait être dû à leur système immunitaire qui permet aux enfants de mieux combattre une infection du coronavirus.
Cette caractéristique de l'épidémie du coronavirus est depuis longtemps un mystère pour les médecins : parmi les patients atteints de coronavirus, il y a un nombre étonnamment faible d'enfants. Selon la plus grande étude de cas réalisée à ce jour par le Centre chinois de contrôle des maladies (CDC), sur un peu moins de 45 000 cas examinés, il n'y avait que 416 enfants de moins de neuf ans. Cela correspond à environ un pour cent de tous les patients. Les enfants plus âgés entre 9 et 19 ans ne représentaient que 1,2% des cas, selon les chercheurs.
Ces mêmes tendances sont retrouvées au Maroc avec moins de jeunes enregistré positifs du coronavirus. Selon le ministère de la Santé dans son rapport, 1,15%, âgés de moins de 5 ans sont déclarés positifs, contre 3,87% âgés de 6 à 14 ans, 8,46% de 15 à 24 ans, 20,37% âgés de 25 à 40 ans, 35,85% de 41 à 64 ans et 17,29% 65 ans et plus.
Par ailleurs, le ministère de la Santé révèle que les hommes sont plus infectés que les femmes avec un taux 53% contre 47% chez les femmes.

Quid de la létalité ?
Depuis le début de la maladie respiratoire coronavirus, le nombre de nouvelles infections et de décès a augmenté quotidiennement dans le monde entier. Le virus se propage également de plus en plus en Afrique et dans d'autres pays européens. Au Maroc, les autorités sanitaires décrivent la situation comme dynamique, car elle peut évoluer à tout moment.
Comparativement à d’autres pays, le royaume a un taux de létalité très bas se situant à 7,1%, loin derrière l’Algérie qui enregistre un taux de 14% et devant la Tunisie qui a un taux de 3,7%.
En revanche, chez les partenaires commerciaux du Maroc, le virus a fait une hécatombe : la France a un taux de létalité de 14,6%, l’Italie 12,8%, l’Espagne 10% et l’Allemagne se situe derrière le Maroc avec 2,2%.

Selon le ministère de la Santé, les mesures de confinement semblent avoir permis de maitriser l’ampleur de l’épidémie et éviter un grand nombre de cas supplémentaires, y compris les cas graves et les décès. Toutefois, les tendances restent à confirmer dans les prochains jours, avertit le département de M. Aït Taleb.
Et pour consolider les acquis, le gouvernement compte renforcer les mesures du confinement au niveau des villes enregistrant une plus grande circulation du virus et la mise en quarantaine surveillée des contacts de cas confirmés.
Mouhamet Ndiongue