Laftit impose le couvre-feu à la presse, et se met sous le feu du Syndicat

Laftit impose le couvre-feu à la presse, et se met sous le feu du Syndicat

Le Maroc est depuis le 25 avril sous le régime du couvre-feu, de 19h à 5 h, et la mesure est légitime et ô combien compréhensible. La pandémie de Covid-19 bat son plein et tous les pays, dont le Maroc, prennent des mesures draconiennes pour limiter les déplacements et les contacts entre personnes. Mais le ministère de l’Intérieur a décidé d’étendre le couvre-feu à une grande partie de la presse, ce qui a suscité une réaction indignée du SNPM.

Dans la liste publiée des métiers exemptés de couvre-feu, en plus des personnels soignants et des forces de l’ordre (forcément), le ministère ajoute « les journalistes du pôle public et des radios privées ». Cela exclut de fait toute la presse écrite, les sites électroniques en conformité avec la loi… En réaction, le Syndicat national de la presse marocaine a publié un long communiqué.

Dans ce texte, le Syndicat, toujours présidé par Abdallah Bakkali, rappelle que le secteur des médias est considéré dans le monde entier comme prioritaire car il permet de produire de l’information en ces temps difficiles de pandémie mondiale. Le SNPM rappelle à juste titre que ces dispositions du ministère d’Abdelouafi Laftit contreviennent à l’article 28 de la constitution, qui dispose que « la liberté de la presse est garantie et ne peut être limitée par aucune forme de censure préalable. Tous ont le droit d’exprimer et de diffuser librement et dans les seules limites expressément prévues par la loi, des informations, des idées et des opinions… ». Or, aucun texte de loi, y compris celui portant sur l’état d’urgence sanitaire, ne mentionne l’interdiction à la presse d’exercer son activité.

Le SNPM s’insurge contre la décision du ministre et rappelle que rien dans le comportement des médias, tout au long de ce mois de confinement, ne justifie cet ostracisme, créateur selon le Syndicat de tensions inutiles. De plus, ajoute le SNPM, l’interdiction de circuler sous couvre-feu pour les journalistes n’est pas limitée dans le temps, et privera les citoyens d’informations sur la conduite de la lutte contre le virus par les autorités publiques.

Autre argument : interdire aux médias de faire leur travail les empêcherait également de couvrir des événements qui adviennent, sans relation avec la situation sanitaire, comme, précise le communiqué, les inondations qui ont dévasté récemment certaines villes du royaume. Cela aggravera la crise que vit le secteur qui se voit ainsi empêché d’exercer son activité et de continuer de vivre…

Enfin, le SNPM, appelant le gouvernement à revoir cette décision qualifiée de « discriminatoire », précise que la presse est le 4ème pouvoir, qui se voit ainsi interdit de suivre et contrôler les activités des autres pouvoirs et de s’ériger face au phénomène des fake news.

En attendant une décision dans ce sens, le Syndicat affirme qu’il déploiera tous ses moyens et contactera toute personne susceptible de l’aider dans a démarche de faire revenir le ministère sur cette interdiction faite aux journalistes de faire leur travail.

Conclusion : M. Laftit a fait une erreur, il devrait la corriger, au risque de laisser les fake news envahir les réseaux et le gêner lui-même dans son travail…

Aziz Boucetta



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