Elotmani : Le Maroc s’en sort bien, mais la veille doit continuer !

Elotmani : Le Maroc s’en sort bien, mais la veille doit continuer !

Le chef du gouvernement est au parlement, où une séance commune est organisée, à sa demande, pour évoquer les derniers éléments et l’évolution du pays en urgence sanitaire depuis le 20 mars. Saâdeddine Elotmani devrait faire de grandes annonces, en tous cas très attendues par la population, en présence de peu de députés, règles de précaution obligent…

Le chef du gouvernement commence par expliquer que grâce aux mesures de précaution et d’anticipation prises par le Maroc, le pays est toujours en stade 2 (pandémie contenue dans des foyers isolés), alors que d’autres pays, autour de nous, sont en stade 3 (pandémie généralisée sur l’ensemble du territoire).

Mais « si le rôle des citoyens est crucial en ce moment, il le sera davantage plus tard ». Le Maroc doit consentir d’autres efforts et a besoin d’avoir le souffle long car si on cherche chaque jour des réponses, beaucoup de réponses ne sont pas disponibles, certaines effaçant même d’autres en fonction de nouvelles données.

Le chef du gouvernement a présenté la méthodologie de travail retenue dans le pays : la gouvernance, l’action et la transparence. D’abord le Comité de direction (Intérieur, santé et armée). Puis le Comité scientifique et technique, qui suit les aspects médicaux et scientifiques liés à la pandémie. Et enfin le Comité de veille, bien connu, qui gère les côtés économiques et sociaux de la crise.

« Des centaines d’actions ont été menées par le gouvernement, en décidant et gérant le confinement, en garantissant l’approvisionnement des marchés, en fournissant produits médicaux et désinfectants, en assurant les cours à distance, en versant des subventions aux ménages démunis, en soutenant les TPME… », affirme Saâdeddine Elotmani.

L’état d’urgence sanitaire.

Le chef du gouvernement revient à la situation épidémique en donnant les derniers chiffres de la journée : « 50 cas d’urgence sanitaire, avec 20 en respiration artificielle ». Pour M. Elotmani, la sortie du confinement est plus difficile que sa sortie, en raison des conditions médicales, épidémiques, économiques et sociales, en plus de comportementales.

« L’état d’urgence est certes dur à vivre, mais il nous a permis, grâce aux efforts de tous, d’éviter le pire et de réaliser de grands acquis sur tous les plans : Maîtrise de l’épidémie et évitement du stade 3, maintien des capacités hospitalières, amélioration du système de santé grâce au Fonds Covid-19, synergie de tous les secteurs d’activité, publics et privés, fabrication locale de nombre de produits sanitaires et surtout, avant tout, l’esprit de solidarité et de cohésion nationales ».

Comment gérer la suite ? Résoudre une équation entre la nécessité du confinement et ses aspects négatifs.

« Les rapports de la Santé indiquent que le rapport de reproduction, Ro, qui doit être inférieur à 1 durant deux semaines ; on est à environ 0,9. Le taux de mortalité doit être inférieur à 3%, et il se situe aujourd’hui à 2,8%. Les cas graves doivent être moins de 10%, et on est à 1%. Le taux d’usage des services de réanimation ne doit pas dépasser 30% et on est à 4%.  Tout cela est bon, mais le taux de reproduction ne répond pas aux exigences du ministère de la Santé.

On a donc évité entre 300 et 500.000 nouveaux cas, on a évité entre 4.6450 et 7.700 patients en réanimation, et on a évité entre 9 et 15.000 décès, soit 200 morts/jour !! ».

« Le problème aujourd’hui sont les près de 500 foyers enregistrés dans 10 Régions, des foyers industriels et surtout familiaux, d’où le risque épidémique, et principalement à l’approche de l’aïd. On ne veut pas que l’aïd se transforme en drame. La situation est maîtrisée, stable, mais nous ne sommes pas hors de danger ».

Là, le chef du gouvernement prépare son auditoire sur la suite de l’état d’urgence sanitaire…

Et voilà : Etat d’urgence et confinement pour trois semaines encore !

Mais quid de la suite, comment alléger le confinement ?

Tout allègement du confinement passe par quatre conditions :

1/ La capacité hospitalière, pour les malades de la Covid et les autres ;

2/ La capacité à tester les gens (au début de l’épidémie, 1.000 tests par jour, et aujourd’hui, 13 laboratoires peuvent tester en PCR, 6.600 pour les labos publics, et si on compte les autres labos, le Maroc est à environ 8.000 tests, avec objectif de 10.000 tests quotidiens) ;

3/ La capacité de suivi de tous les cas détectés et leurs cas contacts, d’où l’application Wiqayatna développée par les ministères de la Santé et de l’Intérieur, application exclusivement marocaine ;

4/ Disposer de stocks suffisants de tous les produits et équipements médicaux.

 

De plus, le confinement doit être progressif, avec possibilité de retour sur le déconfinement, local, ou régional. Il faut également être vigilant avec les plus de 65 ans et les malades souffrant de pathologies chroniques.

Quant aux mesures de précaution, il faudra garder les désinfections, distanciations, ports de masques, et respect des procédures de précaution dans tous le secteurs commerciaux ou industriels.

 



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