L'ancien premier ministre Abderrahmane el Youssoufi est mort
L’ancien premier ministre socialiste Abderrahmane el Youssoufi est mort dans la nuit du jeudi au vendredi, à l’âge de 96 ans. Il dirigea l’USFP de 1992 à 2003, et le gouvernement de 1998 à 2002. Il fut le premier ministre de la transition entre Hassan II et Mohammed VI.
Il fut l’un des plus rudes opposants du roi dont il devait devenir finalement premier ministre, suite à un pacte resté secret entre eux deux. Il fut condamné à deux ans de prison dans les années 60, puis s’exila en France en 1965, craignant d’être condamné à mort et exécuté. Il revient après sa grâce en 1980, et dirigea l’USFP avec Abderrahim Bouabid, auquel il succéda en 1992.
Connu pour ses coups de gueule, il partit souvent en exil volontaire à Cannes, comme entre 1993 et 1995, pour dénoncer le trucage électoral du scrutin de 1992. Il avait refusé de suivre Mhamed Boucetta quand celui-ci avait été pressenti à la primature en 1993, refusant de siéger dans un gouvernement avec le ministre de l’Intérieur Driss Basri, chose qu’il accepta quelques années plus tard, en 1998.
Après les élections de 2002, il repartit à l’étranger et en 2003, il prononça sa célèbre allocution de Bruxelles, où il dénonça l’arrêt de la « méthodologie démocratique », avec l’avènement du technocrate Driss Jettou à la Primature, alors même que l’USFP avait remporté la première place aux élections.
En 2016, le roi Mohammed VI l’honora spectaculairement en donnant son nom, en sa présence, à une grande artère tangéroise, sa ville natale.