1.200 cas et 20 morts en moyenne par jour, il est temps de télécharger Wiqaytna !

1.200 cas et 20 morts en moyenne par jour, il est temps de télécharger Wiqaytna !

L’application Wiqaytna sert à prévenir une personne s’étant trouvée en contact avec un cas Covid confirmé. Mais en parallèle, disent ses contempteurs, elle permet aux services d’ici et d’ailleurs, bon ou mal intentionnés, de faire main basse sur l’ensemble des données personnelles figurant dans votre portable… A chacun de se faire sa propre idée sur le débat, mais aujourd’hui, nous sommes depuis plus d’une semaine à plus de 1.000 cas positifs par jour, à plus de 20 décès par jour et… que cela n’arrive pas qu’aux autres !

Pour ceux qui hésitent encore à installer Wiqaytna sur leurs portables, sachez que cette application est en open source, c’est-à-dire ouverte à toutes les vérifications techniques. Que les sceptiques et les hésitants analysent, avant de prendre leur décision, qui sont les contempteurs farouchement opposés à Wiqaytna et qui sont ceux qui en recommandent le téléchargement… Qu’ils réfléchissent à où s’arrête l’info, où commence l’intox, et qu’ils se méfient des « infox » !

En effet, l’ensemble des « infos » qui circulent sur la malice, voire la malignité des concepteurs de cette application, ne sont que des rumeurs, voire des intox, qui auraient été crédibles si elles avaient été étayées par des preuves, ce qui n’est pas le cas.

Covid-19, comment l’Etat procède-t-il ?

Une fois qu’une personne est diagnostiquée positive au virus, elle est prise en charge selon différents protocoles, puis répond aux questions des personnels médicaux qui l’interrogent sur les différents contacts qu’elle a eues durant les trois dernières semaines. Il s’agit d’un travail de fourmi ardu, précis, mais inévitablement insuffisant, en raison des défaillances de mémoire de la personne interrogée, et aussi et surtout du fait qu’elle ne connaît pas toutes les personnes auprès desquelles elle s’est trouvée (transports publics, boutiques…).

Aujourd’hui, avec un millier de cas par jour, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui doivent être identifiées, chaque jour, pour limiter la propagation de la pandémie. Le numérique vient à la rescousse des enquêteurs du ministère de la Santé.

Dans ces conditions, refuser Wiqaytna, c’est comme si, ayant besoin d’un document en 1000 exemplaires, on le recopiait 1000 fois au lieu de passer par Word et une imprimante !

Wiqaytna, carte de visite.

Wiqaytna est une application maroco-marocaine, relevant du dispositif de lutte contre la pandémie de Covid-19. Nous sommes aujourd’hui 2,5 millions à l’avoir installée sur nos portables… 2,5 millions de personnes agissant activement dans la lutte contre le virus.

Une application nationale, fonctionnant par échange Bluetooth d’une série chiffrée, un identifiant anonyme, entre deux personnes l’ayant téléchargée et s’étant trouvées à proximité l’une de l’autre.

Alors oui, Wiqaytna recense l’ensemble des personnes en contact avec un individu… mais non, il ne s’agit pas d’une intrusion dans la vie intime des gens car ce ne sont que des données chiffrées, parfaitement anonymes, qui sont échangées, utilisables par le ministère de la Santé en cas de contamination d’in individu ayant installé Wiqaytna sur son portable. Ces données sont écrasées après 21 jours, et l’application elle-même disparaîtra avec la disparition du virus.

Wiqaytna, c’est une demi-douzaine de personnes physiques ou morales marocaines, ayant travaillé entre Marocains, à 100%, contre 0 DH de rémunération, 7 jours par semaine et 24h par jour, deux mois durant. Benchmark international à la recherche des meilleurs pratiques en la matière, développement de l’application, calibrage selon les 50 ou 60 modèles de téléphones utilisés dans le royaume, réglages des mesures de signaux Bluetooth selon chaque modèle…Les jeunes (et moins jeunes) ingénieurs marocains ont vraiment mis les bouchées doubles, créant ainsi une application bien de chez nous, pour les gens de chez nous ou vivant chez nous.

Pour plus d’assurances et de garanties, les codes et l’ensemble des données de l’application sont en open source et se trouvent sur la plateforme Github.com, pour que chacun (qui s’y connaisse du moins) puisse aller vérifier les informations publiées sur la confidentialité de Wiqaytna. Cela a été fait sur les réseaux, par des spécialistes, qui ont confirmé cette confidentialité. Rien n’est transmis, tout reste sur le portable et en cas de danger, seul un message du ministère vous prévient, sans vous connaître, du risque que vous encourrez, et vos proches aussi !

Wiqaytna, mode de fonctionnement.

Vous téléchargez l’application, vous gardez votre Bluetooth en mode allumé, puis vous oubliez… Rien n’est obligatoire, même pas le remplissage des cases de données géographiques, genre et âge. Une fois l’application sur votre portable, ce dernier est identifié par une série de chiffres, série que vous échangerez avec tout autre portable se situant à proximité de vous (voir infra).

En cas de risque de contamination, vous serez avisés par le ministère de la Santé, qui aura trouvé votre identifiant sur le portable d’une personne testée positive, lequel identifiant le renvoie vers votre numéro de téléphone, toujours anonyme, c’est-à-dire ne fournissant pas votre identité. On vous avisera que vous avez été à proximité d’une personne contaminée – à l’identité également inconnue – et on vous invitera soit à vous surveiller, soit à vous faire tester.

Wiqaytna, les derniers chiffres de téléchargement.

Nous sommes aujourd’hui environ 2,5 millions de personnes à avoir téléchargé Wiqaytna, autant qu’en… France, pour environ le double de la population ! Les 2,5 millions de Marocains équipés de Wiqaytna représentent entre 12 et 15% de la population la plus exposée, en l’occurrence celle des villes grandes et moyennes où les densités de populations sont importantes.

En effet, le risque dans la vieille ville de Tanger, au centre de Casablanca ou à Marrakech n’est pas le même que dans les verts pâturages d’Ifrane ou les jaunes prairies de Chichaoua… Ainsi, à Rabat, le taux d’adoption (pourcentage de la population ayant téléchargé Wiqaytna sur l’ensemble de la population cible) est de 25%, 15% à Casablanca et 17% à Tanger. A titre de comparaison, à Singapour, ce taux d’adoption est de 30%

Le dépistage de la Covid-19.

Une fois une personne diagnostiquée positive à la maladie, les autorités sanitaires lancent le protocole sanitaire, lequel passe d’abord et avant tout par une recherche des cas contacts, c’est-à-dire l’ensemble des personnes ayant été en contact avec le patient. Ce dernier doit se souvenir de toutes les personnes qu’il a côtoyées durant les deux dernières semaines. En général, cela fonctionne plus ou moins bien, sachant que la personne concernée est déjà sous stress et peut donc ne pas se souvenir de tous ses contacts, sachant que cette personne ignore tout de ses contacts rapprochés dans le taxi, le bus, le train, le supermarché, ou dans la vie courante…

Et c’est là que Wiqaytna intervient…

Le téléphone aura donc gardé « en mémoire » les données chiffrées, anonymes, de tous les individus ayant été en contact avec le malade. Tous ? Tous… du moins ceux qui ont Wiqaytna dans leur téléphone.

Les données récupérées par le ministère de la Santé sur le téléphone du patient confirmé sont anonymes, et renvoient vers un numéro de téléphone, contacté par le ministère selon différentes configurations schématisées dans la figure 1 ci-dessous, et sachant que ces configurations, indicatives peuvent changer avec l’évolution de la situation épidémiologique dans le royaume.

Et c’est là qu’apparaît l’utilité, voire l’incontournable nécessité de l’application, car elle permet de retrouver toutes les personnes ayant été en contact avec le porteur du virus…. Toutes les personnes ayant téléchargé Wiqaytna du moins… Encore une fois, aucune donnée personnelle n’est relevée, aucune identité n’est connue, aucune localisation géographique n’est fournie. L’objectif est ailleurs, et c’est un objectif de santé publique.

Pour les inconditionnels de l’espionnage et les professionnels de la méfiance, sachez que si l’Etat ou les services ou n’importe qui d’autre souhaite disposer de vos données, il les trouvera ailleurs que sur Wiqaytna, si vous ne les donnez pas gracieusement vous-mêmes !!

 

Figure 1 : Résumé des conditions de notification par le ministère de la Santé (indicatives car appelées à changer en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique dans le royaume).

 

Critères d'évaluation du risque par la distance, la durée et la fréquence des contacts

                 
   

Risque faible

 

Risque moyen 1

 

Risque moyen 2

 

Risque élevé

   

 

 

 

 

 

 

 

Distance

 

Supérieure à 1 m

 

Inférieure à 1 m

 

Entre 1 et 2 m

 

Inférieure à 1 m

Durée

 

Inférieure à 15 mn

 

Inférieure à 15 mn

 

Supérieure à 15 mn

 

Supérieure à 15 mn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Action du Ministère de la Santé

 

Pas de notification

 

Notification par SMS

 

Notification par SMS et appel téléphonique

 

 

Et si on n’a pas téléchargé l’application ?

Rien de grave, sauf peut-être la mise en danger de personnes proches, ou même lointaines. Alors soyons plus clairs…

Vous êtes un inconditionnel de la protection des données personnelles, vous ne faites pas plus confiance à l’autorité qu’à la CNDP (Commission nationale pour la protection des données personnelles) qui a pourtant conclu à la conformité de Wiqaytna avec les principes de la protection de la vie privée… Vous tenez à votre anonymat même si, très certainement, les GAFAM vous connaissent bien mieux et bien plus que vous ne le pensez.

Puis vous évoluez, vaquant à vos occupations, le plus normalement du monde, frôlant des gens, discutant avec d’autres, stationnant dans une file d’attente ici ou là, ailleurs… Et, ce qu’on ne souhaite à personne, vous touchez quelque chose ou quelqu’un qui a la Covid et qui l’ignore. Une fois dépistée et confirmée, cette personne fournit les identités des gens avec qui elle a été en contact dans les trois dernières semaines, mais vous n’en faites pas partie, car cette personne ne vous connaît pas…

… et voilà que vous vous promenez, promenant allègrement votre virus que vous transmettez généreusement autour de vous, participant ainsi activement à la propagation de la pandémie. Et si vous avez un proche âgé, malade, fragile… un père, une mère, un conjoint, un enfant, un bienfaiteur ou un débiteur, et bien vous le mettez en danger, et peut-être même qu’il mourra.

Mais vous aurez protégé vos valeurs ! Vous n’avez pas cru que cette application n’est pas conçue pour vous espionner, mais pour vous protéger, vous et les vôtres. Vous aurez gagné la bataille héroïque du principe, mais perdu la guerre de la vie, la vôtre ou celle de l’un de vos proches.

 

On peut ne pas croire à l’OMS qui martèle les conseils sur le dépistage systématique de tout le monde… on peut ne pas croire la même OMS qui met en garde contre les fake news et la désinformation sur, entre autres, les solutions numériques développées par les Etats… on peut ne pas croire en notre Etat qui a développé cette application pour aider à identifier les cas contacts… On peut ne croire en rien, sauf à sa propre responsabilité en cas de mort d’un proche, contaminé par nous car nous n’avons pas voulu télécharger Wiqaytna !

Aziz Boucetta



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