Royal Air Maroc: l'AMPL sonne le branle-bas !
Pour faire face à la crise provoquée par la pandémie de coronavirus, Royal Air Maroc (RAM) vient de licencier 140 salariés, dont 65 pilotes. Plusieurs centaines d'autres recevront leurs lettres de licenciement dans les prochains jours.
Cette décision qui avait été annoncée a commencé à être mise en œuvre mettant L’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) dans une colère noire. Ainsi, le bureau de l’AMPL s’est réuni par visioconférence samedi dernier pour adopter un plan de riposte contre les décisions de l’administration de la compagnie.
Lors de leur réunion, il a été surtout question du licenciement économique des 65 pilotes et commandants de bord dont l’AMPL a jugé «abusif». Pour faire face à cette décision, L’Economiste rapporte que l’AMPL a convenu d’organiser un référendum pour voter une proposition de mesures à prendre en réaction aux licenciements. Parmi elles, «l’exigence d’une baisse des émoluments des pilotes de ligne, à concurrence de l’économie sur la masse salariale induite par les licenciements, et la réintégration immédiate des 65 licenciés». Si la compagnie refuse, un préavis de grève sera déposé. L’AMPL prévoit, en outre, le port d’un brassard à partir du 3 septembre 2020 et pendant toute la durée de la crise sociale, ainsi qu’une «action médiatique collective». Le référendum se tient de ce lundi 31 août à 10 H au mercredi 2 août à 19 H, ajoute la source. En parallèle, l’AMPL appelle l’ensemble des pilotes de ligne à «doubler de vigilance, de rigueur et d’engagement» dans l'exercice de leurs fonctions, malgré la difficulté de l'épreuve traversée.
Royal Air Maroc devra encore se séparer de 900 de ses employés dont 150 pilotes, soit 32% de l'effectif, pour espérer braver les intempéries. Tous les secteurs de l'entreprise sont concernés par ce licenciement. Les personnes de plus de 57 ans ayant au moins 15 ans d'ancienneté sont invitées à opter pour le départ volontaire. Les suspensions prendront effet le 31 août.
Outre le licenciement pour des raisons économiques, la compagnie aérienne envisage de louer ou de vendre une vingtaine d'avions. Plusieurs lignes en Afrique, en Asie, en Europe et en Amérique seront également supprimées. Comme de nombreuses entreprises marocaines, RAM a subi d'énormes pertes de revenus. Le directeur général Abdelhamid Addou parle de 50 millions de dirhams (5,4 millions de dollars) par jour depuis la suspension des opérations commerciales. Il est convaincu que l'impact de la crise sera «long et douloureux». Il faudra 36 mois à l'entreprise pour espérer un retour à la normale.
MN