L'agriculture absorbe 87% dans la consommation en eau (HCP)

L'agriculture absorbe 87% dans la consommation en eau (HCP)

Selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’agriculture consomme la plus grande partie des ressources en eau. C’est ce que montre le document intitulé «Modélisation de la consommation en eau intersectorielle dans l’économie marocaine» rendu public par le HCP.

Ainsi, révèle l’auteur du document, l’agriculture marocaine pèse pour 87% de la consommation directe annuelle en eau. Elle est suivie des secteurs Administration publique/Éducation/Santé (5%), BTP (2%), commerce (1%), Électricité & eau (1%) et Hôtels & restaurants (1%). Les 3% restants sont partagés entre d’autres secteurs.

En effet,  au cours des dernières décennies, le Maroc a connu une forte et rapide augmentation de la demande globale en eau en raison de la croissance démographique, de l’expansion de l’agriculture irriguée, d’un commerce national et international florissant et de l’évolution du niveau et des modes de vie.  Une situation qui s’est traduite dans les résultats de l’étude du HCP qui montrent que le secteur de l’agriculture, de la sylviculture et des services connexes fait preuve d’une forte utilisation directe de l’eau/ Mais aussi que les secteurs secondaire et tertiaire ont une faible utilisation directe et une forte utilisation indirecte de l’eau. 

Des exemples typiques de secteurs à forte utilisation indirecte de l’eau sont les secteur de l’industrie alimentaire et du tabac, du commerce et de l’hôtellerie et de la restauration.  De plus, les indicateurs dérivés permettent de distinguer la consommation d’eau directe et indirecte et de retracer les sources de consommation indirecte d’eau à travers l’analyse du cheminement structurel. Pour cela, la consommation totale d’eau doit être prise en compte dans la planification de l’économie productive du pays. 

Ainsi,  malgré la pénurie des ressources hydriques, l’économie marocaine est basée sur des secteurs consommateurs d’eau dont les demandes se chevauchent lors d’un choc exogène. Le manque ou l’absence d’eau comme principal intrant peut conduire ces grands secteurs à un étranglement, avec des conséquences négatives évidentes pour l’économie dans son ensemble. Dans ce contexte, le HCP  réaffirme la valeur ajoutée certaine d’une politique économique plus large qui prendrait en compte non seulement les critères de production des agents économiques mais aussi les comptes environnementaux – l’efficience de l’eau – et permettrait d’adopter une attitude plus prudente à l’égard des secteurs, car leur soutien pourrait mettre en danger les ressources en eau du pays et pourrait même étrangler l’activité productive marocaine. 

Le HCP préconise de compléter cette étude par une analyse plus approfondie de la pression des activités économiques sur les ressources en eau, en l’occurrence une évaluation de la manière dont l’eau est redistribuée entre les secteurs de l’économie en fonction de l’évolution de la demande finale et des besoins techniques en eau des différentes utilisations. En outre, il est également recommandé de procéder à une analyse du volume de l’eau virtuelle et de l’empreinte hydrique au Maroc, autrement dit le commerce de l’eau. Une perspective de poursuite à moyen terme consisterait donc à la mise au point d’un modèle d’équilibre général calculable permettant la compréhension en détail des mécanismes économiques internes en jeu pour une meilleure gestion de la ressource en eau au Maroc. Un coup d’épée dans l’eau ?



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