Les enseignants contractuels rattrapés par les grèves de 2019 et 2020

Les enseignants contractuels rattrapés par les grèves de 2019 et 2020

La Coordination nationale des enseignants contractuels a décidé d'intensifier ses protestations contre le ministère de l'Education et d'organiser une grève nationale de cinq jours, du 3 au 7 novembre.

Les enseignants contractuels boycotteront également les réunions avec les responsables pédagogiques et les inspecteurs et gèleront les activités des clubs éducatifs. Ils ont également exprimé leur volonté de boycotter la préparation, la supervision et la correction des examens de milieu d'année.

Pourtant ce fait n'est pas nouveau entre le ministère et les enseignants. Dans une note signée, dimanche 2 juin, par son secrétaire général, Aberrazak El Idrissi, le bureau national de la Fédération nationale de l’Enseignement (FNE) avait souligné «suivre de très près les prélèvements énormes sur les salaires des enseignantes qui ont participé au mouvement de grèves générales lancé depuis le mois de janvier jusqu’à mai, suite à l’appel de la coordination nationale. Ce mouvement de protestation a été mené dans le but de défendre leur dossier revendicatif légitime, s’élevant contre l’approbation de plusieurs lois régressives qui visent à démanteler le statut de la fonction publique et à encourager la privatisation de l’enseignement public».

Et cette fois-ci, les enseignants protestent contre les «déductions illégales» sur leurs salaires, ainsi que contre la «discrimination» du ministère de l'Éducation contre les enseignants contractuels.

Selon l'association des enseignants, le ministère a déduit jusqu'à 1500 dirhams par mois sur les salaires des enseignants contractuels qui ont participé à des grèves en 2019 et 2020.

Les limites légales fixent la déduction maximale à 20% du salaire total. Cependant, la Coordination nationale des enseignants contractuels affirme avoir atteint 25% dans un grand nombre de cas.

«Ces déductions sont une attaque intense contre le secteur de l'éducation et les droits des enseignants… Elles visent à détruire les emplois de la fonction publique et à transformer les écoles publiques en un marché aux esclaves», a déclaré l'association dans un communiqué.

Selon l'association, le ministère de l'Éducation exploite la crise actuelle pour faire pression sur les enseignants afin qu'ils renoncent à leurs revendications «légitimes».

La coordination nationale affirme que les déductions du ministère pourraient forcer certains enseignants, qui sont déjà dans une situation financière difficile en raison du Covid-19 , à cesser de manifester pour leurs droits.

Les déductions «sont un comportement irresponsable qui illustre l'exploitation institutionnelle des circonstances actuelles», indique le communiqué.

Les protestations et les grèves des enseignants contractuels au Maroc ont commencé en 2019. Les enseignants avaient plusieurs revendications, mais la plus importante était leur intégration dans le secteur public et la suppression des contrats à durée déterminée.

Le gouvernement marocain avait décidé en 2016 de commencer à embaucher des enseignants dans le cadre de contrats renouvelables annuellement. Un grand nombre d'enseignants contractuels considéraient le nouveau format de recrutement comme «discriminatoire».

Les enseignants ont également protesté contre la réponse tardive du ministère de l'Éducation à certaines autres demandes, telles que des allocations pour les affectations dans les zones reculées et une politique de promotion plus flexible.

Narjiss El Bouaamri



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