Le Maroc face à la diplomatie du vaccin
Le Maroc est l'un des 10 premiers pays au monde à avoir réussi une campagne de vaccination contre Covid-19. En Afrique, le royaume caracole en tête avec une nette marge par rapport aux autres pays du continent. Selon les statistiques du site ourworldindata.org, 94% des taux de vaccination en Afrique ont été réussi par toutes les vaccinations sur le continent sont actuellement administrées au Maroc qui à la date du 22 mars 2021, a réussi à vacciner plus de 18% de la population au moins pour la première fois.
Depuis au moins 10 jours, le rythme des premières vaccinations est en baisse au moment où le royaume doit se concentrer sur les secondes vaccinations. La raison en est que les deux principaux fournisseurs AstraZeneca et Sinopharm ne tiennent pas leurs promesses de livraison. Le fabricant chinois du vaccin Sinopharm devrait même être le principal fournisseur avec 40 millions de doses, bien qu'à ce jour il n'a même pas fourni 5% la commande globale. La Chine accuse un autre retard car elle voulait construire une unité de production au Maroc afin de satisfaire la demande intérieure ainsi que dans d'autres pays africains. Mais là aussi, rien n'a filtré de ce retard ou abandon. Cette installation de production n'existe pas à ce jour. Au lieu de cela, Sinopharm, l'un des quatre principaux fournisseurs de vaccins pour les Émirats arabes unis, a mis en place une usine de production près de Dubaï. Les choses s'annoncent un peu mieux chez la société pharmaceutique anglo-suédoise AstraZeneca, qui a jusqu'à présent livré environ 7 millions de doses sur 26 millions de commandes.
Les vaccins AstraZeneca acheminés pour le Maroc sont produits en Inde au Serum Institute of India (SII). À partir de là, le journal Times of India et l'agence de presse Reuters ont rapporté que de nouvelles livraisons au Maroc, au Brésil et en Arabie saoudite seraient retardées. Évidemment, cette situation était attendue à Rabat et le royaume avait déjà commencé à chercher des sources d'approvisionnement alternatives. Toutefois, les autorités n'ont pas manqué d'exprimer leur colère envers la Chine en se référant à la phase de test de Sinopharm qui a été menée conjointement au Maroc. Deux nouveaux vaccins ont maintenant été approuvés. Il s'agit du vaccin russe Spoutnik V et du vaccin américain du groupe Johnson & Johnson. Mais le marché des vaccins est tendu et les vaccins deviennent de plus en plus un instrument de diplomatie. Pour l’heure, le Maroc aurait déjà commandé un million de doses du vaccin russe Spoutnik V.
La capacité de production de SII, la société qui approvisionne le Maroc en vaccins AstraZeneca, passera à 100 millions de doses par mois en avril-mai, passant de 60 à 70 millions de doses actuellement, selon Reuters. Dans le même temps, la Grande-Bretagne a déjà annoncé qu'elle aurait besoin de moins en moins de vaccins à l'avenir et progressivement.
Si cette augmentation de production peut effectivement être réalisée, le marché deviendra plus détendu et le Maroc devrait à nouveau être en mesure d'atteindre un meilleur taux d'approvisionnement. D'ici là, le Maroc devra s'appuyer sur d'autres fournisseurs, dont R-Pharm, avec qui il a signé un contrat en septembre dernier. R-Pharm est une société russe qui produit le vaccin AstraZeneca sous licence en Russie.
Quant au vaccin Johnson & Johnson, aucune information n’a filtré par rapport à sa disponibilité. Pour le vaccin, le Maroc est en concurrence directe avec les États-Unis et l'Europe, qui ont une puissance économique plus forte. Reste à voir comment le Maroc traitera les promesses non tenues de la Chine.
Mouhamet Ndiongue