Les quatre piliers du Modèle de développement
Le 25 mai 2021, le président de la Commission pour le développement d'un modèle de développement (CSMD) a présenté les résultats au roi Mohammed VI et au gouvernement et à de nombreux représentants des entreprises, des organes constitutionnels et des groupes sociaux. Le rapport se compose de trois volumes et fournit une analyse de base des circonstances, une dérivation des options d'action et des recommandations d'action spécifiques. Après la présentation finale d'hier par le président de la commission au Palais royal de Fés, le roi du Maroc a approuvé le rapport et chargé que les résultats soient présentés au public et les recommandations d'action mises en œuvre.
Économie diversifiée, capital humain renforcé, inclusion de tous et sécurité à long terme des régions
Les premières réactions des marocains sont très partagées bien que personne n’a pris le soin d’étudier intégralement le rapport. Certains pensent même que « le nouveau modèle de développement ne contient rien de surprenant ou de révolutionnaire ». Pourtant le modèle proposé par la commission de Benmoussa propose qu’à l'avenir, il faille une économie diversifiée, d'un capital humain renforcé (éducation) et de l'inclusion de tous ainsi que de la sécurité à long terme des régions. Ce sont les quatre axes principaux de transformation que propose le CSMD pour atteindre les ambitions et les objectifs fondamentaux du nouveau modèle de développement exposé dans son rapport. Le Maroc doit continuer à générer de la prospérité afin de pouvoir améliorer la protection sociale.
La diversification de l'économie devrait produire des classes moyennes résilientes.
Premièrement, le Maroc doit s'orienter vers une économie productive et diversifiée, créatrice de valeur et d'emplois de qualité, recommande le CSMD. L'économie doit évoluer d'une économie à faible valeur ajoutée et à faible productivité, avec des rentiers (zones à peine rentables) et des niches protégées, à une économie diversifiée (large ou multiforme) et compétitive, soutenue par un réseau dense de et des entreprises résilientes (PME - petites et moyennes entreprises).
Cela devra passer par diverses décisions stratégiques, à savoir la consolidation de l'entrepreneuriat, l'alignement des acteurs économiques avec les domaines d'activité productifs, la réalisation d'un saut de compétitivité, la mise en place d'un cadre macroéconomique au service de la croissance et de l'émergence, de l'économie sociale en tant que secteur économique à part entière, a déclaré la Commission.
Renforcement du capital humain (politique éducative)
Deuxièmement, le CSMD prône le renforcement du capital humain «afin de donner à tous les citoyens la capacité de prendre leur avenir en main, de réaliser leur potentiel de manière indépendante et de développer le pays et de l'intégrer dans l'économie de la connaissance et l'immatériel, portés par les compétences, pour participer. L'objectif est d'assurer une éducation de qualité pour tous, de mettre en place un système d'enseignement supérieur, de formation professionnelle et de recherche basé sur la performance et soutenu par une administration autonome et responsable, ainsi que des soins de santé de haute qualité et une protection de la santé en tant que droits fondamentaux des citoyens et surtout une inclusion de tous les citoyens avec un rôle plus important pour les femmes.
Troisièmement, le CSMD prône le changement par l'inclusion et la solidarité
L'objectif: la participation de tous les Marocains à la dynamique nationale de développement. «Toutes les franges de la population doivent être incluses dans l'effort collectif, surtout par la participation et l'égalité d'accès aux opportunités économiques, par la protection sociale et par l'ouverture et l'acceptation de la diversité de la société marocaine», note le CSMD.
Pour y parvenir, le Maroc doit encore renforcer le rôle des femmes et assurer l'égalité et la participation des sexes, promouvoir l'inclusion et l'épanouissement des jeunes en multipliant les opportunités et les canaux de participation, et la diversité culturelle comme levier d'ouverture, de dialogue et de cohésion mobiliser et garantir une base de protection sociale qui «renforce la résilience et l'inclusion et réalise la solidarité entre les citoyens».
Les régions doivent devenir des pilotes à partir des récepteurs de commande
Après tout, les régions sont le lieu, le quatrième axe de transformation établie par le CSMD. «Les régions ne sont plus le dernier bassin pour la politique au niveau central, mais doivent devenir le lieu où les politiques publiques sont élaborées, ancrées et mises en œuvre », indique le rapport.
Cet axe de transformation doit être porté par l'émergence d'un Maroc des Régions prospère et dynamique, la réorganisation innovante des échelles territoriales, le développement intégré des régions, l'amélioration du logement, du cadre de vie, de la mise en réseau et de la mobilité, la préservation des ressources naturelles, le renforcement de la résilience des régions au changement climatique et in fine la préservation des ressources en eau.
Mouhamet Ndiongue