L'Europe en action face à la crise au Moyen-Orient
Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne se retrouvent jeudi à Bruxelles afin de coordonner leur réponse face aux multiples crises géopolitiques qui secouent la scène internationale et dont les répercussions se font déjà sentir sur le continent. Le Sommet, convoqué par le président du Conseil européen, Antonio Costa, devrait être largement dominé par la dégradation de la situation au Moyen-Orient ainsi que par les enjeux de compétitivité de l’économie européenne.
Dans sa lettre d’invitation adressée aux dirigeants des Vingt-Sept, M. Costa met en garde contre l’escalade militaire au Moyen-Orient qui « cause de l’instabilité au niveau mondial » et dont les « conséquences négatives » commencent déjà à gagner l’Europe.
Dans ce contexte international marqué par une forte instabilité, il appelle l’Union européenne à définir une réponse « en temps utile, coordonnée et efficace », à même de protéger les citoyens et les entreprises européennes tout en contribuant aux efforts de désescalade dans la région.
Les discussions porteront à cette à occasion sur la situation en Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient, ainsi que sur ses conséquences géopolitiques et économiques, en particulier en matière de prix de l’énergie et de sécurité énergétique.
La guerre au Moyen-Orient, qui paralyse le détroit d’Ormuz, point de passage clé du commerce des hydrocarbures, provoque la plus importante perturbation de l’offre de toute l’histoire du marché pétrolier mondial, a alerté la semaine dernière l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Cette situation nourrit les inquiétudes des Européens quant à la stabilité des approvisionnements énergétiques et à ses implications sur l’économie du continent en cas de fermeture prolongée du détroit d’Ormuz. Au-delà de cette crise régionale, les dirigeants européens devront également consacrer une part importante de leurs échanges à la compétitivité de l’Union. Ils doivent notamment discuter d’un nouveau plan baptisé « Une Europe, un marché », destiné à renforcer la résilience de l’économie européenne face aux crises futures, à accroître l’autonomie stratégique du bloc et à consolider les fondements du modèle social européen.
Dans ce contexte, la préparation du futur cadre financier pluriannuel de l’Union pour la période 2028-2034 devrait également occuper une bonne place dans les discussions. Ce budget à long terme est considéré comme l’un des principaux leviers de l’action européenne.
Pour cette raison, M. Costa souhaite que les discussions portent sur la contribution du nouveau budget au programme européen en matière de compétitivité. « Nous devons mener une discussion honnête sur la manière dont nous pouvons faire correspondre nos ambitions et le niveau de financement approprié », souligne-t-il dans sa lettre.
Les chefs d’Etat et de gouvernement aborderont par ailleurs la situation au Liban ainsi qu’à Gaza et en Cisjordanie. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a été invité à participer à un déjeuner de travail consacré à la détérioration du contexte international et au rôle que l’Union européenne peut jouer, avec ses partenaires, dans la défense du multilatéralisme.
L’accent sera également mis sur les efforts visant à renforcer la préparation de l’Europe en matière de défense, dans un contexte géopolitique jugé de plus en plus incertain. « Nous devons continuer à agir en faveur de progrès rapides dans le renforcement de l’Europe de la défense – y compris dans sa dimension industrielle – en tant que composante fondamentale de l’autonomie stratégique de l’Europe », a insisté le président du Conseil européen. La question migratoire figure aussi à l’ordre du jour, les Vingt-Sept devant faire le point sur les avancées dans la mise en œuvre du programme européen en matière d’asile et de migration. Costa a rappelé que ce dossier « reste une priorité politique pour nous tous, et l’aggravation de la situation au Moyen-Orient nous rappelle qu’il est nécessaire de faire avancer » la politique européenne dans ce domaine.
Comme le veut la tradition, le Sommet s’ouvrira par un échange de vues avec la présidente du Parlement européen. La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, ainsi que le président de l’Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, ont également été invités à partager leur analyse de la situation économique avec les dirigeants européens lors d’un sommet de la zone euro en configuration ouverte.