Le Brésil accueille la COP15 sur les espèces migratrices avec la participation du Maroc
Les travaux de la 15ᵉ Conférence des Parties à la Convention sur les espèces migratrices (COP15) ont été officiellement ouverts lundi à Campo Grande, aux portes du Pantanal brésilien, avec pour objectif de renforcer la protection de la faune migratrice, de ses habitats et de ses routes à l’échelle mondiale.
Quatre mois après avoir accueilli la conférence sur le climat (COP30) à Belém, en Amazonie, le Brésil confirme son engagement en faveur du développement durable et du multilatéralisme en organisant ce nouveau rendez-vous triennal consacré à la biodiversité.
Placée sous le thème « Connecter la nature pour préserver la vie », cette rencontre réunit jusqu’au 29 mars gouvernements, experts, scientifiques et société civile autour des enjeux liés à la conservation des espèces migratrices.
Le Maroc y prend part à travers une délégation de l’Agence nationale des eaux et forêts, venue mettre en avant les efforts en matière de protection des espèces menacées. Parmi les initiatives présentées figurent notamment le programme de conservation de la mégafaune sahélo-saharienne, la stratégie nationale dédiée aux rapaces, le développement du réseau des aires protégées et la conservation des zones humides, escales importantes pour les oiseaux migrateurs.
Situé à la croisée de l’Europe et de l’Afrique et traversé par l’une des principales voies de migration aviaire au monde, le Maroc accorde une importance particulière à cette conférence, en cohérence avec ses engagements internationaux en faveur de la préservation de la biodiversité et de ce patrimoine naturel partagé.
Selon la ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Brésil, Marina Silva, la COP15 doit viser à connecter nations, politiques, science et savoirs traditionnels pour garantir que les espèces migratrices puissent suivre leurs routes, alors que près de 49 % des espèces présentent un déclin et 24 % sont menacées d’extinction.
« Si nous travaillons ensemble, il est possible de concilier développement et conservation, de générer richesse sans détruire le patrimoine naturel qui nous soutient », a souligné la ministre, relevant que les facteurs de pression, tels que la crise climatique, la dégradation des écosystèmes, la perte de biodiversité et la pollution, impactent non seulement les espèces migratrices, mais aussi la sécurité alimentaire, la qualité de l’eau et l’équilibre de la vie sur la planète.
La Convention sur les espèces migratrices (CMS) compte actuellement 133 Parties et couvre 1.189 espèces, dont une majorité d’oiseaux, mais aussi des mammifères terrestres et aquatiques, des poissons et des reptiles.
Les espèces migratrices jouent un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes qui soutiennent la vie sur la planète, tant sur les plans écologique qu’économique et culturel. Elles assurent des fonctions essentielles, telles que le transport de nutriments entre milieux terrestres, aquatiques et marins, contribuent à la pollinisation des cultures, à la dispersion des graines et soutiennent des activités économiques durables comme l’écotourisme.
Elles constituent également des indicateurs précieux de la santé de l’environnement, les variations de leurs populations ou de leurs comportements permettant de détecter des perturbations le long de leurs routes migratoires.
Cependant, ces espèces font face à des menaces croissantes. Selon les données de la Convention, la perte, la dégradation et la fragmentation des habitats affectent près de 75 % des espèces migratrices, tandis que la surexploitation en impacte environ 70 %.
L’expansion agricole figure parmi les principaux facteurs de dégradation des habitats, tout comme les infrastructures hydrauliques, notamment les barrages, qui perturbent la migration des poissons en rompant la connectivité des cours d’eau. La surexploitation, quant à elle, résulte d’un prélèvement excessif des espèces au-delà de leur capacité de renouvellement, notamment à des fins alimentaires, commerciales ou artisanales.
Pays hôte pour la première fois de cette conférence, le Brésil, qui abrite certains des écosystèmes les plus riches de la planète, dont l’Amazonie et le Pantanal, se positionne comme un corridor stratégique pour de nombreuses espèces migratrices et entend contribuer activement aux efforts internationaux de conservation.
Au cours de la semaine, les négociations dans la « Zone bleue » se concentreront au sein du Comité plénier et de groupes thématiques, portant sur l’état de conservation des espèces migratrices, le changement climatique, la connectivité écologique et les impacts des activités humaines.
L’agenda prévoit également l’examen de plans d’action dédiés aux espèces marines, aux oiseaux et aux espèces terrestres, ainsi que l’étude de propositions d’inscription ou de révision d’espèces dans les annexes de la Convention.
Parallèlement aux négociations formelles, des événements parallèles (side events), des réunions régionales et des groupes de travail seront organisés afin de faire progresser les discussions techniques et politiques et de favoriser la coopération internationale en matière de protection de la biodiversité.