Agriculture marocaine : la BAD accompagne une transformation axée sur la résilience et la durabilité

Agriculture marocaine : la BAD accompagne une transformation axée sur la résilience et la durabilité

A l’instar de celle de nombreux pays africains, l’agriculture marocaine est confrontée à des défis structurels majeurs : variabilité climatique croissante, pression accrue sur les ressources en eau et forte exposition aux chocs extérieurs, notamment à la volatilité des prix internationaux.

Ces contraintes pèsent durablement sur la productivité, les revenus des producteurs et la sécurité alimentaire. Elles rendent indispensable une transformation des systèmes de production, orientée vers davantage de résilience, d’efficacité et de durabilité.

« Bâtir une agriculture de précision durable et résiliente : telle est notre ambition. De la montée en capacité et en gamme des chaînes de valeur à l’émergence d’une classe moyenne, en passant par la préservation des ressources, nous accompagnons l’accélération de cette transition décisive dans le cadre d’un partenariat d’excellence avec le Maroc », souligne Achraf Tarsim, responsable-pays du Bureau de la BAD pour le Maroc.

Des stratégies agricoles soutenues par la Banque

Depuis 2008, le Maroc a engagé la modernisation de son agriculture à travers deux visions stratégiques successives : le Plan Maroc Vert, puis la Stratégie Génération Verte 2020‑2030. Ces deux politiques ont été pleinement soutenues par le Groupe de la Banque africaine de développement.

Le Plan Maroc Vert, financé à hauteur d’environ 500 millions de dollars par le Groupe de la Banque, a marqué la première phase de la modernisation de l’agriculture marocaine. Il a permis de structurer les chaînes de valeur agricoles, de moderniser les exploitations et de stimuler l’investissement privé, avec près de 950 millions de dollars d’investissements complémentaires mobilisés.

366 000 hectares ont été ainsi convertis à l’irrigation localisée et près de 3 300 emplois directs ont été créés dans ce secteur qui représente plus de 75 % de l’emploi rural.

Dans cette continuité, la Stratégie Génération Verte 2020‑2030 renforce l’accent mis sur le capital humain, l’inclusion des jeunes et des femmes et la durabilité des systèmes agricoles, en opérant un passage d’une logique de production à une logique de création de valeur.

Des chaînes de valeur agricoles plus compétitives et mieux intégrées

La transformation du secteur agricole repose sur la montée en capacité et en gamme des filières, ainsi que sur leur intégration dans des chaînes de valeur mondiales. Le développement des pôles agro-industriels (agropoles) et des plateformes de valorisation a permis de mieux lier production, transformation et marchés.

Dans ce cadre, le Groupe de la Banque a notamment financé le Programme d’appui au développement inclusif et durable des filières agricoles, à hauteur de 200 millions d’euros. Ce programme vise à créer des emplois ruraux grâce au développement de chaînes de valeur inclusives, tout en améliorant la gouvernance et la durabilité des filières.

Il participe également à l’objectif de porter les exportations agricoles à 45 milliards de dirhams (environ 4,1 milliards d’euros) d’ici 2030, à mobiliser plus de 4 milliards de dirhams (environ 370 millions d’euros) d’investissements privés et à générer des dizaines de milliers d’emplois pour les jeunes et les femmes en milieu rural.

Renforcer la résilience climatique de l’agriculture

Face à la répétition des épisodes de sécheresse et à l’instabilité climatique, le Groupe de la Banque a soutenu le Programme de développement d’une céréaliculture compétitive et résiliente, financé à hauteur de 199 millions d’euros.

Ce programme accompagne près de 980 000 agriculteurs en améliorant la productivité, la gouvernance des filières et l’adoption de systèmes de production plus économes en ressources naturelles. Il vise également une réduction de 20 % des importations de céréales à l’horizon 2030, tout en contribuant à l’augmentation des revenus agricoles.

L’eau, au cœur de la modernisation agricole

Dans ce contexte de stress hydrique structurel, la gestion de l’eau constitue un enjeu central. L’institution financière panafricaine a ainsi appuyé le Programme national d’économie d’eau d’irrigation, avec un financement de plus de 53 millions d’euros, permettant la conversion de plusieurs centaines de milliers d’hectares vers l’irrigation localisée.

Dans les zones couvertes par le projet, plus de 45 000 hectares ont ainsi été modernisés grâce à des systèmes d’irrigation plus performants. Ces investissements ont favorisé des économies d’eau en moyenne de l’ordre de 10 à 15 %.

Inclusion rurale : investir dans les jeunes et les femmes

Cette dynamique agricole intègre les dimensions humaine et sociale qui sont importantes. C’est ainsi que le Groupe de la Banque a financé à hauteur de 100 millions d’euros le Programme d’entrepreneuriat agricole inclusif en faveur des femmes et des jeunes. Ce projet soutient la création d’activités économiques rurales, l’accès au financement et l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles.

En parallèle, le Programme de développement des zones agricoles et rurales vulnérables, financé pour 114 millions d’euros, améliore les conditions de vie d’agriculteurs opérant dans près de 14 000 exploitations agricoles. Il contribue à l’émergence d’une classe moyenne rurale, tout en renforçant les capacités des coopératives et des organisations agricoles.

Préserver les ressources naturelles et diversifier l’économie rurale

Au‑delà de l’agriculture, l’institution panafricaine de développement soutient une gestion durable des ressources naturelles à travers le Programme de développement des zones forestières, financé à hauteur de 84 millions d’euros.

Ce programme vise à renforcer la résilience climatique, notamment par l’amélioration du cycle de l’eau, la valorisation des ressources forestières et le développement de chaînes de valeur forestières et aquacoles. Il bénéficiera à plus de 6 millions de personnes dans les zones rurales ciblées. Il inclut également la promotion de l’entrepreneuriat forestier et aquacole, la restauration des terres et le renforcement des capacités institutionnelles en matière de gouvernance environnementale.



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