Marché du travail : le chômage recule à 9,5% au deuxième trimestre 2026 (HCP)
Le haut-commissariat au Plan (HCP) a dévoilé les premiers résultats de la nouvelle Enquête sur la main-d'œuvre (EMO 2026), qui remplace l'ancienne Enquête nationale sur l'emploi (ENE).
Cette réforme s'accompagne d'un important changement méthodologique et conceptuel, rendant les comparaisons avec les anciennes séries statistiques impossibles.
Pour assurer une continuité de lecture, le HCP a publié en parallèle des séries rétropolées couvrant la période 2017-2025, établies selon les nouveaux standards internationaux.
Les données du deuxième trimestre 2026 font apparaître une amélioration de la plupart des indicateurs du marché du travail par rapport au premier trimestre.
La population active, composée des personnes en emploi contre revenu et des chômeurs au sens strict, s'établit à 11,764 millions de personnes, en hausse de 147.000 par rapport au trimestre précédent.
Les actifs résident à 63,5% en milieu urbain, tandis que les femmes ne représentent que 21,5% de la main-d'œuvre. Le taux de participation atteint 42,2% au niveau national contre 41,8% au premier trimestre, avec 41,2% en milieu urbain et 44% en milieu rural.
Chez les hommes, ce taux s'élève à 66,5% contre seulement 18,1% chez les femmes. Les taux les plus élevés sont observés chez les 35-44 ans (57,7%) et les 25-34 ans (56,8%), tandis que les jeunes de 15 à 24 ans affichent le taux le plus faible (22,9%).
Selon le niveau d'instruction, le taux atteint 69,4% pour les diplômés de niveau avancé, 46,3% pour les diplômés intermédiaires, 39,2% pour les titulaires d'un diplôme de base et 38,1% pour les personnes sans diplôme.
L'emploi contre revenu progresse également. Le nombre de personnes occupant un emploi rémunéré atteint 10,643 millions, soit 279.000 emplois supplémentaires (+2,7%) en un trimestre, dont 187.000 créés en milieu urbain et 92.000 en milieu rural.
Les personnes en emploi résident à 61,9% en milieu urbain et les femmes représentent 20,3% des effectifs.
Le taux d'emploi contre revenu passe de 37,3% à 38,2% au niveau national, atteignant 36,3% en milieu urbain et 41,6% en milieu rural. Il s'élève à 61,1% chez les hommes contre 15,4% chez les femmes.
Les taux les plus élevés concernent les personnes âgées de 35 à 44 ans (54,4%) et de 25 à 34 ans (48,6%), contre 16,6% chez les jeunes de 15 à 24 ans.
Les diplômés de niveau avancé enregistrent le meilleur taux (57,8%), devant les diplômés intermédiaires (38,9%), les non diplômés (36,7%) et les titulaires d'un diplôme de base (34,7%).
Les services, principal employeur
Les services demeurent le principal employeur avec 5,251 millions d'actifs, soit 49,3% de l'emploi total. Ils sont suivis par l'agriculture, la sylviculture et la pêche (2,569 millions, soit 24,1%), l'industrie (1,456 million, 13,7%) et le BTP (1,356 million, 12,7%).
Au cours du trimestre, les services ont créé 166.000 emplois, devant l'industrie (47.000), le BTP (42.000) et l'agriculture (28.000).
Le chômage strict poursuit son recul. Le nombre de chômeurs s'établit à 1,121 million, en diminution de 132.000 personnes, après une baisse de 108.000 en milieu urbain et de 24.000 en milieu rural. Le taux de chômage strict ressort à 9,5% contre 10,8% au premier trimestre. Il atteint 11,9% en milieu urbain et 5,4% en milieu rural. Les femmes demeurent plus touchées (14,8%) que les hommes (8,1%).
Les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus exposée avec un taux de 27,2%, devant les 25-34 ans (14,5%).
Par niveau d'instruction, le chômage atteint 16,7% chez les diplômés de niveau avancé, 16% chez les diplômés intermédiaires, 11,4% pour les titulaires d'un diplôme de base et 3,8% chez les personnes sans diplôme.
Le HCP souligne également que la sous-utilisation de la main-d'œuvre reste importante. Le pays compte 527.000 personnes en situation de sous-emploi lié à la durée du travail, dont 56% en milieu urbain, ainsi que 711.000 personnes appartenant à la main-d'œuvre potentielle, soit 4,4% de la population hors main-d'œuvre.
Le taux composite de sous-utilisation de la main-d'œuvre, qui combine chômage strict, sous-emploi et main-d'œuvre potentielle, recule de 22,5% à 18,9%. Il atteint 21% en milieu urbain et 15,2% en milieu rural.
Les femmes affichent un taux de 26,7% contre 16,6% pour les hommes. Les jeunes de 15 à 24 ans demeurent les plus exposés avec 41,7%, suivis des 25-34 ans (25,4%), des 35-44 ans (14,3%) et des personnes de 45 ans et plus (9,7%).
Le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée du travail s'établit à 14% contre 16,6% un trimestre auparavant.
Il est de 15,9% en milieu urbain et 10,8% en milieu rural, avec 17,6% chez les femmes et 13% chez les hommes.
Enfin, le taux combiné du chômage strict et de la main-d'œuvre potentielle ressort à 14,7%, en baisse de 2,4 points par rapport au premier trimestre.
Il atteint 17,3% en milieu urbain, 10% en milieu rural, 24,2% chez les femmes et 11,9% chez les hommes.
Au niveau régional, Dakhla-Oued Ed-Dahab affiche le taux de participation à la main-d'œuvre le plus élevé (59,2%), devant Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (46,8%) et Casablanca-Settat (46,7%).
A l'inverse, Drâa-Tafilalet enregistre le taux le plus faible (30,5%).
Concernant le taux combiné du chômage strict et de la main-d'œuvre potentielle, les niveaux les plus élevés sont observés à Laâyoune-Sakia El Hamra (26,2%), Guelmim-Oued Noun (24,9%), l'Oriental (20,1%) et Fès-Meknès (18,8%), tandis que Dakhla-Oued Ed-Dahab (7,1%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (9,4%) affichent les meilleurs résultats.