Législatives 2026 : La société civile de Fès-Meknès au cœur de la consolidation de la participation politique

Législatives 2026 : La société civile de Fès-Meknès au cœur de la consolidation de la participation politique

Les enjeux des prochaines élections législatives au Maroc ne se limitent pas au choix des représentants de la Nation et au renouvellement des institutions élues. Ils renvoient à un défi plus large, celui de renforcer la participation politique et de consolider une véritable culture citoyenne, notamment face au phénomène de l’abstention électorale, qui touche particulièrement les jeunes.

Dans ce cadre, le rôle des partis politiques se recoupe avec celui de la société civile, des médias et des institutions éducatives, considérés tous comme des acteurs essentiels dans la construction d’une conscience politique responsable, capable de transformer la participation aux élections d’un simple devoir périodique en une pratique citoyenne consciente contribuant à l’élaboration des politiques publiques et à la prise de décisions.

Selon les observateurs, la société civile, de par sa proximité avec les citoyens et leurs préoccupations, est devenue l’un des principaux moteurs de la démocratie participative, non seulement en mobilisant les citoyens pour qu’ils participent au scrutin, mais aussi en diffusant la culture civique, en ancrant les valeurs de citoyenneté, en renforçant la confiance dans les institutions et en sensibilisant le public à l’importance du vote pour influer la gestion de la chose publique.

Pour le président de l’association "Jeunes de lumière d’avenir" de Fès, Yassine El Aouni, la société civile est un partenaire stratégique dans la consolidation du processus démocratique, compte tenu de sa proximité directe avec les préoccupations quotidiennes des citoyens, ce qui la rend apte à jouer des rôles d’encadrement, de sensibilisation et de prise de conscience, loin de toute logique conjoncturelle liée uniquement aux échéances électorales.

Dans une déclaration à la MAP, il a précisé que l’action associative doit passer du simple appel au vote à la contribution à la diffusion d’une culture de la participation politique, relevant l’importance de s’impliquer dans la vie publique, en tant que moyen essentiel pour influencer la décision publique et favoriser le développement.

Et d’ajouter que le succès des campagnes de sensibilisation reste tributaire de leur concentration sur des priorités claires, au premier rang desquelles figurent l’encouragement du citoyen à s’inscrire sur les listes électorales et l’explication des attributions des institutions élues, afin qu'il prenne conscience que son vote ne se limite pas au choix d’un représentant, mais contribue à définir les politiques publiques qui influencent sa vie quotidienne.

M. Al-Aouni a également insisté sur l’impératif d'accorder une place particulière aux jeunes et aux femmes dans le cadre de ces campagnes, tout en luttant contre les fake news qui sont devenues l'un des principaux défis affectant la confiance des citoyens dans le processus électoral.

Bien que les taux de participation électorale varient d’un scrutin à l’autre, la désaffection d’une partie de la jeunesse reste, selon plusieurs acteurs, l’un des principaux problèmes qui nécessite une analyse multidimensionnelle, loin des interprétations réductrices.

À cet égard, M. Al-Aouni estime que ce phénomène est le résultat de l’interaction de multiples facteurs, dont la faiblesse de la culture politique, et la perte de confiance en raison du non-respect, par certains élus et partis, de leurs promesses électorales.

Il a souligné, toutefois, que la participation active reste le moyen le plus efficace pour élire les compétences capables de servir l’intérêt général, notant l’importance pour les partis politiques de renouveler leurs élites, d’accorder aux jeunes talents et aux femmes la place qui leur échoient, tout en présentant des programmes électoraux réalistes et réalisables.

De son côté, Moaz Boucheghal, acteur actif dans la promotion de la numérisation et dirigeant d’une start-up à Fès, a indiqué que la société civile est appelée à revoir ses outils de travail, en rompant avec les méthodes traditionnelles de sensibilisation et en adoptant des démarches plus proches du langage et des centres d’intérêt des jeunes.

Il a précisé que les débats publics, les ateliers interactifs et les campagnes de terrain ciblées constituent des mécanismes efficaces pour convaincre les jeunes de l’importance du vote, ajoutant que la génération actuelle a besoin d’un discours fondé sur la persuasion par l’argumentation, plutôt que de se contenter de slogans creux.

M. Boucheghal a attribué la désaffection persistante de nombre de jeunes au fossé grandissant entre les promesses électorales et les réalisations concrètes.

Pour remédier à cette situation, il est nécessaire, selon lui, d’intégrer notamment les sciences politiques dans les programmes scolaires dès le secondaire, ce qui contribuera à former une génération plus consciente du rôle des institutions constitutionnelles et de l’importance de la participation à la gestion des affaires publiques.

De l’avis de ces deux acteurs, l’univers du digital est aujourd’hui l’un des principaux outils de mobilisation politique, à condition d’en faire bon usage, car le numérique permet d’atteindre de larges segments de la population, en particulier les jeunes et les femmes, grâce à des contenus simplifiés qui expliquent les rôles de l’institution législative et les attributions des députés, encouragent l’inscription sur les listes électorales et protègent l’opinion publique contre les fausses informations, tout en ouvrant des espaces de débat responsable sur les questions d’intérêt public.

Face aux mutations que connaît le pays, nombreux sont les observateurs qui estiment que la société civile semble plus que jamais appelée à jouer un rôle central pour accompagner les prochaines Législatives, en tant que partenaire dans la formation de citoyens conscients de leurs droits et de leurs devoirs, convaincus que la participation politique n’est pas seulement un droit constitutionnel, mais aussi une responsabilité collective et un levier essentiel pour consolider la démocratie et assurer le développement escompté.



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