Pénurie d’enseignants : l’OCDE alerte sur les difficultés de recrutement
La plupart des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont confrontés à des pénuries d’enseignants à des degrés divers, avec des difficultés de recrutement particulièrement marquées en mathématiques et en sciences, surtout dans les zones rurales, isolées et défavorisées.
Dans son nouveau rapport, « Regards sur l’éducation 2026 », le recueil annuel de statistiques nationales comparables sur l’état de l’éducation dans le monde, l’institution basée à Paris se concentre cette année sur les pénuries d’enseignants. Elle estime que le vieillissement des effectifs d’enseignants devrait encore accentuer ces pressions dans les années à venir.
En présentation du rapport, le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a indiqué qu’ »il devient désormais plus difficile de recruter, de retenir et de déployer des enseignants qualifiés là où ils sont le plus nécessaires », ajoutant que « les systèmes scolaires doivent planifier leurs futurs recrutements, éviter le départ des enseignants déjà en poste et développer leur vivier d’enseignants sans pour autant transiger sur la qualité ».
D’après ce rapport, les postes vacants officiels ne donnent qu’une image partielle de la situation. Au total, dans 20 systèmes éducatifs pour lesquels des données sont disponibles, le taux de postes d’enseignants vacants était de moins de 4 % dans le primaire et le secondaire en 2024/25.
Par ailleurs, un enseignant du secondaire sur quatre est âgé de 55 ans ou plus dans la zone OCDE, ce qui va compliquer d’autant les recrutements dans les années à venir.
Si 85 % des enseignants se déclarent satisfaits de leur emploi, seuls 22 % estiment que leur métier est valorisé par la société, précise l’OCDE.
Le niveau de rémunération compte, mais ce n’est pas le seul facteur qui influe sur le recrutement et le maintien en poste. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les enseignants gagnent entre 87 % et 95 % du salaire des autres actifs diplômés du supérieur, tandis que le salaire de départ des enseignants du premier cycle du secondaire représente en moyenne 61 % de la rémunération des actifs ayant un niveau de formation similaire.
Une charge de travail gérable, l’autonomie professionnelle, une direction d’établissement efficace, des possibilités d’évolution et la reconnaissance de la société déterminent également l’attractivité de la profession.
Et de noter que le manque d’enseignants reflète également des pénuries plus générales de travailleurs qualifiés dans l’ensemble de l’économie, les systèmes éducatifs étant en concurrence avec d’autres secteurs pour attirer du personnel hautement qualifié.
L’OCDE estime dans ce sens que les systèmes éducatifs peuvent remédier aux pénuries en faisant un meilleur usage de leurs capacités pédagogiques existantes et en élargissant les voies d’accès à la profession sans transiger sur la qualité. Les technologies, y compris l’intelligence artificielle, ainsi qu’un personnel de soutien spécialisé peuvent contribuer à réduire les tâches administratives et permettre aux enseignants de consacrer plus de temps à l’enseignement, à l’accompagnement de leurs élèves et au développement professionnel.
L’évolution démographique offre l’occasion de répartir les enseignants et les ressources de manière plus efficace. Dans les pays de l’OCDE, le nombre d’enfants âgés de 5 à 14 ans devrait diminuer de 9 % entre 2024 et 2033, même si cette baisse ne sera pas uniforme. Les responsables publics ont ainsi la possibilité de réorienter les enseignants et les ressources vers les établissements, les matières et les localités où les pénuries sont les plus importantes.
Sont étudiés dans « Regards sur l’éducation 2026 » les systèmes éducatifs des 38 pays membres de l’OCDE, auxquels s’ajoutent l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite, l’Argentine, le Brésil, la Bulgarie, la Chine, la Croatie, l’Inde, l’Indonésie, le Pérou, la Roumanie et la Thaïlande. Le rapport, qui présente des données comparables à l’échelle internationale sur les systèmes éducatifs à travers le monde, notamment les taux de scolarisation et de réussite, le financement et l’organisation des systèmes éducatifs, met l’accent cette année sur les pénuries d’enseignants.