Consultations gouvernementales : l’Istiqlal réserve sa décision sur sa participation
Les consultations pour la formation du prochain gouvernement commencent à prendre forme. La cheffe du gouvernement désignée, Fatima Zahra El Mansouri, a reçu mercredi 30 septembre le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Nizar Baraka, dans le cadre du deuxième round de consultations engagé après sa nomination par le Roi Mohammed VI.
Nizar Baraka était accompagné, lors de cette rencontre, de Mohamed Ould Errachid, Abdessamad Qaiouh et Abdeljabbar Rachidi. Si l’entretien n’a pas permis de trancher la question de la participation de l’Istiqlal à la prochaine majorité, le parti n’a fermé aucune porte et entend prendre le temps d’examiner les différentes options avant d’arrêter sa position.
À l’issue de la réunion, Nizar Baraka a commencé par féliciter Fatima Zahra El Mansouri pour la confiance royale placée en elle, ainsi que pour la confiance exprimée par les électeurs. Il a également qualifié son accession à la tête du gouvernement de moment historique, notamment pour les femmes marocaines, arabes et musulmanes.
Les discussions ne se sont toutefois pas limitées à la répartition des postes gouvernementaux ou à la composition de la future majorité. Selon Nizar Baraka, les échanges ont également porté sur les enjeux de la prochaine étape politique et sur la nécessité de restaurer la confiance dans l’action publique. Le secrétaire général de l’Istiqlal a notamment appelé à une « réconciliation avec l’action politique », fondée sur le respect des engagements, la crédibilité et la capacité à répondre aux attentes des citoyens.
La restauration de la confiance des jeunes et des femmes figure également parmi les priorités évoquées par le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, qui estime que la prochaine étape doit permettre de renforcer le lien entre les citoyens et les institutions politiques.
Sur la question de la participation au gouvernement, Nizar Baraka a choisi de ne pas anticiper la décision des instances du parti. Il a indiqué que le Conseil national de l’Istiqlal devra examiner les résultats des élections législatives ainsi que « la possibilité d’entrer au gouvernement ». Le parti ne s’est donc pas encore engagé à rejoindre la future majorité, sans pour autant annoncer son passage dans l’opposition.
Cette position intervient dans un contexte marqué par une nouvelle configuration de la Chambre des représentants. L’Istiqlal a obtenu 65 sièges lors des élections législatives du 23 septembre, arrivant derrière le Parti de l’authenticité et de la modernité (97 sièges) et le Rassemblement national des indépendants (66 sièges). Cette répartition constitue un élément important dans les calculs liés à la formation de la prochaine majorité parlementaire.
Nizar Baraka a néanmoins insisté sur le fait que l’Istiqlal entend soutenir la nouvelle expérience politique « quel que soit le positionnement » qui sera finalement retenu. Il a appelé à dépasser la logique de la compétition électorale pour privilégier une mobilisation nationale autour des grands défis auxquels le Maroc est confronté, notamment dans les domaines économique, social et géostratégique.
Parmi les priorités citées figurent la création d’emplois, la lutte contre le chômage, la préservation du pouvoir d’achat et le renforcement de la classe moyenne. Le secrétaire général de l’Istiqlal a également mis en avant les questions liées aux intérêts stratégiques du Royaume, notamment la défense de la position marocaine sur la question du Sahara et la proposition d’autonomie sous souveraineté marocaine.
Les consultations interviennent au lendemain de la nomination de Fatima Zahra El Mansouri à la tête du gouvernement, le 29 septembre, après l’arrivée en tête du PAM aux élections législatives. La cheffe du gouvernement désignée avait alors affirmé sa volonté de former une équipe à la hauteur des attentes du Roi et des citoyens.
Après le RNI puis l’Istiqlal, les prochains entretiens devraient progressivement dessiner les contours de la future majorité. Pour l’heure, le parti de la balance maintient toutes les options ouvertes, laissant à ses instances la responsabilité de décider de sa participation au gouvernement ou de son positionnement en dehors de la majorité.