Maroc : la croissance économique devrait atteindre 4,1 % au troisième trimestre 2026

Maroc : la croissance économique devrait atteindre 4,1 % au troisième trimestre 2026

La croissance de l’économie marocaine devrait poursuivre sa progression au second semestre 2026, malgré les répercussions du choc énergétique lié à la guerre en Iran. Selon les projections disponibles, le produit intérieur brut (PIB) devrait croître de 4,1 % au troisième trimestre, puis de 4,7 % au quatrième, après une hausse de 4 % au deuxième trimestre. L’agriculture, les services et la demande intérieure devraient continuer de soutenir l’activité économique, dans un contexte d’inflation contenue et de conditions de financement favorables.

Une croissance de 4 % au deuxième trimestre

L’économie nationale a maintenu son rythme de croissance au deuxième trimestre 2026, malgré les répercussions de la hausse des cours internationaux de l’énergie et des matières premières, consécutive au déclenchement de la guerre en Iran à la fin du mois de février.

Le PIB a progressé de 4 % sur un an, après une hausse de 4,6 % au premier trimestre. Cette évolution s’explique notamment par la bonne tenue des activités primaires, en progression de 20,9 %, et des services, qui ont enregistré une croissance de 4 %.

À l’inverse, les activités secondaires ont reculé de 3,9 %, sous l’effet notamment du renchérissement des intrants énergétiques et minéraux. La demande intérieure a contribué à amortir ce choc. La formation brute de capital a progressé de 6,8 % au deuxième trimestre, contre 10,8 % trois mois auparavant, en raison notamment de la hausse des coûts de production et du ralentissement de la demande dans le secteur immobilier.

De leur côté, les dépenses de consommation ont augmenté de 4,1 %, soutenues par l’amélioration de l’emploi et des revenus, en hausse de 4 %, ainsi que par la progression de l’endettement, qui a atteint 4,5 % à fin juin, contre 3,9 % à fin mars. Parallèlement, le besoin de financement de l’économie s’est nettement creusé, passant à 22 milliards de dirhams au deuxième trimestre 2026, contre 10,3 milliards un an auparavant.

Cette évolution résulte principalement de l’aggravation du déficit commercial, sous l’effet de l’alourdissement de la facture énergétique, ainsi que du creusement du déficit public, lié notamment aux mesures de soutien destinées à limiter les effets de l’inflation énergétique et aux dépenses d’investissement de l’État.

L’agriculture et les services soutiennent l’activité

Au troisième trimestre 2026, l’économie nationale aurait enregistré une croissance de 4,1 % sur un an, malgré la persistance des tensions sur les marchés énergétiques.

L’agriculture aurait constitué le principal moteur de cette évolution, avec une progression de 19,9 %. Les services auraient également contribué à soutenir l’activité, affichant une hausse de 3,9 %, portée notamment par l’hébergement et la restauration, ainsi que par les services non marchands et financiers.

En revanche, les activités secondaires auraient poursuivi leur repli, à un rythme toutefois moins marqué que le trimestre précédent. Leur valeur ajoutée aurait diminué de 1,9 %, contre 3,9 % au deuxième trimestre. Les industries alimentaires, automobile et électrique auraient mieux résisté, tandis que le textile, la chimie, le caoutchouc et l’électronique seraient demeurés en retrait.

Les échanges extérieurs auraient, pour leur part, continué de subir les effets du renchérissement des importations. La progression du volume des exportations se serait modérée à 6,2 % au troisième trimestre, contre 7,6 % au trimestre précédent. Le ralentissement des importations aurait néanmoins permis d’alléger la contribution négative des échanges extérieurs à la croissance, ramenée à -1,2 point, contre -1,6 point au deuxième trimestre.

L’investissement aurait progressé de 6,2 %, soutenu notamment par les projets d’infrastructure, malgré l’ajustement des dépenses des entreprises face à la hausse des coûts des équipements importés et des intrants de construction. La consommation des ménages aurait également augmenté de 4,1 %, dans un contexte de léger recul de l’inflation.

Des conditions de financement globalement favorables

Sur le plan monétaire et financier, les conditions de financement seraient restées favorables au troisième trimestre. Les créances sur l’économie auraient progressé de 11,1 % en glissement annuel, portées notamment par les crédits de trésorerie et d’équipement accordés aux entreprises.

Les avoirs officiels de réserve auraient augmenté de 19,9 %, tandis que les créances nettes sur l’administration centrale auraient progressé de 7,1 %. La masse monétaire aurait ainsi enregistré une hausse de 11,9 %, après 11,7 % au trimestre précédent.

Dans le même temps, le déficit de liquidité bancaire se serait accentué, conduisant Bank Al-Maghrib à renforcer ses financements aux banques tout en maintenant son taux directeur à 2,25 % pour le sixième trimestre consécutif.

Sur le marché des changes, le dirham se serait déprécié de 2,2 % face à l’euro et de 3,8 % face au dollar. Le marché boursier a également poursuivi sa correction. Le MASI aurait reculé de 6,8 % en glissement annuel au troisième trimestre, après une baisse de 0,4 % au trimestre précédent, alors que la capitalisation boursière aurait progressé de 4 %.

Une accélération attendue au dernier trimestre

Sous l’hypothèse d’une relative stabilité des prix de l’énergie et en l’absence de nouveaux chocs majeurs, la croissance devrait s’accélérer à 4,7 % au quatrième trimestre 2026.

Cette amélioration reposerait notamment sur le redressement progressif des industries extractives, à mesure que s’achèvent les opérations de maintenance engagées aux deuxième et troisième trimestres. La reprise des exportations serait également favorisée par le renouvellement des stocks d’engrais en Amérique latine et en Afrique.

L’agriculture et les services devraient continuer de jouer un rôle central, leur contribution cumulée à la croissance étant estimée à près de quatre points au quatrième trimestre.

La demande intérieure demeurerait également un moteur essentiel de l’activité. La consommation des ménages devrait progresser de 4,3 % sur un an, tandis que l’investissement augmenterait de 6,8 %, soutenu par la réalisation de grands projets d’infrastructure.

Ces perspectives restent toutefois exposées aux incertitudes géopolitiques. Une nouvelle intensification des tensions au Moyen-Orient, conjuguée à des contraintes accrues sur le pouvoir d’achat durant la période hivernale, pourrait raviver les pressions inflationnistes et peser sur la production comme sur la croissance.

À l’inverse, une amélioration de l’approvisionnement en matières premières énergétiques et un recul des prix du pétrole pourraient porter la croissance à environ 5,3 % au quatrième trimestre, contre 4,7 % dans le scénario central. Ce scénario plus favorable s’accompagnerait d’une reprise des industries chimiques, avec une progression attendue des activités secondaires de 1,6 %, ainsi que d’une amélioration du pouvoir d’achat des ménages et des conditions d’investissement.



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