L'ONU lance le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'intelligence artificielle

L'ONU lance le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'intelligence artificielle

Face à une intelligence artificielle (IA) qui progresse “à une vitesse fulgurante”, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exhorté, lundi à Genève, les États à bâtir une gouvernance mondiale de cette technologie, avertissant que “la question est de savoir si nous la gouvernerons ensemble ou si nous la laisserons nous gouverner”.atiques

Ouvrant le premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, organisé sous mandat de l'Assemblée générale des Nations Unies, M. Guterres a appelé à transformer “la participation mondiale en action mondiale” afin de rendre l'IA “plus sûre, plus équitable, plus accessible et plus éthique”.

Cette plateforme multilatérale réunit pendant deux jours gouvernements, entreprises technologiques, chercheurs, représentants de la société civile et experts techniques pour jeter les bases d'une coopération internationale sur une technologie dont le développement dépasse désormais les cadres nationaux de régulation.

Le Maroc prend part à cette première édition avec une délégation conduite par la ministre déléguée auprès du Chef du gouvernement chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Amal El Fallah Seghrouchni. La délégation comprend notamment les ambassadeurs représentants permanents du Royaume auprès des Nations Unies à New York, Omar Hilale, et à Genève, Omar Zniber.

“Pour la première fois, chaque pays a une place à la table”, a souligné António Guterres, estimant que les bénéfices de l'IA ne doivent pas être réservés aux seules nations disposant des capacités technologiques les plus avancées. Le Dialogue vise ainsi à donner une voix égale à l'ensemble des États, notamment aux pays en développement, afin qu'ils participent pleinement à l'élaboration des futurs principes internationaux de gouvernance de l'IA.

De son côté, la présidente de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, a estimé que ce dialogue ne consiste pas seulement à encadrer une technologie, mais à définir “une vision commune dans laquelle le progrès technologique va de pair avec la dignité humaine, l'équité et le développement durable”.

Selon elle, une gouvernance responsable pourrait accélérer les progrès dans des domaines aussi essentiels que la santé, l'éducation, la recherche scientifique, l'agriculture ou la prévention des catastrophes.

Les discussions porteront notamment sur les opportunités économiques, sociales et scientifiques offertes par l'IA, les moyens de réduire la fracture numérique et les écarts de capacités entre pays, ainsi que sur la sécurité, la transparence, la responsabilité et le contrôle humain des systèmes d'IA, dans le respect du droit international.

Le Dialogue est l'aboutissement de six mois de consultations menées auprès des gouvernements, du secteur privé, des universités, de la société civile et de la communauté technique. Plus de 1 500 contributions ont été recueillies depuis janvier.

Si les États ont principalement mis l'accent sur le renforcement des capacités, la plupart des autres parties prenantes ont fait de la sécurité de l'IA leur priorité, devant la transparence, la responsabilité et le maintien d'un contrôle humain. Plus de 500 contributions ont également plaidé pour la poursuite de ce processus au-delà de cette première réunion.

Les travaux s'appuient en outre sur les conclusions préliminaires du Panel scientifique international indépendant sur l'IA, publié la semaine dernière.

Coprésidé par le chercheur canadien Yoshua Bengio et la journaliste philippine Maria Ressa, prix Nobel de la paix, ce groupe de quarante experts indépendants estime que les mécanismes actuels de gouvernance peinent à suivre le rythme des avancées technologiques et appelle à un renforcement de la coopération internationale.

Le Dialogue mondial ouvre la Geneva Digital Week, qui rassemble également cette semaine le Forum du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) et le Sommet mondial “AI for Good2. Ce triptyque d'événements doit réunir plusieurs milliers de décideurs politiques, responsables d'organisations internationales, dirigeants d'entreprises et chercheurs, confirmant le rôle de Genève comme principal centre mondial de la diplomatie numérique et de la gouvernance de l'intelligence artificielle.



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