(Billet 1311) – Mondial : Mission accomplie, mission réussie !

(Billet 1311) – Mondial : Mission accomplie, mission réussie !

Le Coq a mangé du lion, et il a bouffé les Lions ! Constat indéniable suite à la grosse défaite du Maroc face à la France en quarts de finale du Mondial en cours. Grosse défaite, non par le résultat, le score de 2-0 étant acceptable, mais au vu de la prestation de Marocains méconnaissables, qui auraient pu encaisser plus, n’eût été l’inégalable et désormais emblématique Yassine Bounou. Nous avons perdu un match mais… nous avons quand même gagné une équipe et trouvé un sélectionneur !

Ne nous y trompons pas… on n’atteint pas le panthéon d’un sport du jour au lendemain, et on ne passe pas du statut de petit ou moyen à celui de grand d’une compétition à l’autre. Et c’est tant mieux ! Car si cela avait le cas, ce serait forcément artificiel. La grandeur et la réputation se construisent dans le temps, avec patience et persévérance, dans la souffrance et avec de l’endurance. Malgré ce que les Marocains voulaient absolument croire, personne ne croyait vraiment au titre suprême.

Mais ce que fait le Maroc en football depuis quatre ans, depuis l’été 2022, s’inscrit dans cette logique. Il faut rendre grâce à Walid Regragui pour ce qu’il a entrepris de faire, puis pour ce qu’il a fait, et il faut aussi soutenir Mohamed Ouahbi dans ce qu’il fait, et ce qu’il fera. Les deux coachs ont parfaitement réussi la mission qui leur a été confiée, en l’occurrence bâtir patiemment une équipe, et l’écosystème qui va avec.

Une grande équipe, c’est un sélectionneur compétent, doté d’une vision et de grandes ambitions… ce sont des talents, en nombre, dépassant le onze aligné, alimentant le banc… c’est de la formation avec tous les moyens modernes et les RH adéquates… et c’est aussi, ne l’oublions pas, un public massif, engagé et mobile. Une grande équipe, c’est aussi le maintien de la confiance de son public en elle, quels que soient les résultats et les revers. Une équipe ne peut pas toujours gagner, mais elle ne doit pas souvent perdre, et c’est précisément le cas de notre sélection nationale.

Perdre contre la France en quart de finale de Mondial, est-ce vraiment perdre ? Ce n’est certes et certainement pas gagner mais comme le dit Mohamed Ouahbi, on tire le bilan d’une compétition à la fin. Et la fin étant là, nous pouvons considérer que nous avons réalisé une bon tournoi, une belle prestation, mesurés par la qualité du jeu, le professionnalisme des joueurs, la maîtrise du sélectionneur, l’engouement du public. Autant de critères remplis.

Il reste le mental, celui de l’équipe et du staff technique, et aussi et surtout celui du public, pour maintenir sa confiance et son soutien. Le mental est une chose qui se construit encore plus lentement qu’un groupe car il transcende une équipe et s’inscrit dans le temps. L’Allemagne ou le Brésil, qui n’ont pas montré d’immenses talents lors de ce Mondial, continuent d’« effrayer » et ont étonné le monde entier par leur élimination, forcément précoce, car les deux sont assis et bien installés sur une réputation d’invincibilité pluri-décennale. La France en impose à tout le monde car outre son titre mondial de 1998, son équipe se situe dans la régularité depuis l’arrivée de Didier Deschamps à sa tête en 2012. Et pourtant lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, les Bleus se sont arrêtés en… quarts de finale.

Nous pouvons considérer que l’équipe actuelle du Maroc est une formation de « transition », entre celle de 2022 et celle de 2030. De nombreux talents, jeunes, ont été engagés, sous la supervision et l’encadrement des « anciens » ; n’oublions pas qu’une partie de ces jeunes détient le titre mondial des U20, après avoir battu – excusez du peu – le Brésil, l’Espagne, la France et l’Argentine en finale… le tout sous la direction de Mohamed Ouahbi ! Ils font aujourd’hui leur apprentissage du très haut niveau, sous la férule de leurs aînés et de leur sélectionneur et son staff.

Comme pour la construction d’une maquette, les différents éléments d’une sélection nationale victorieuse et prestigieuse se mettent en place les uns après les autres, lentement mais sûrement. Désormais, le Maroc s’est installé dans le top ten des équipes mondiales : 4ème au Mondial de Qatar, champion ou vice-champion de la CAN 2025 (en attendant le verdict du TAS), parmi les huit meilleures équipes du monde au Mondial 2026, 6ème dans le classement FIFA…

Enfin, aucune équipe n’a jamais remporté le titre mondial avec un sélectionneur étranger. Nous devons donc garder nos sélectionneurs marocains et surtout, leur laisser le temps de faire ce qui doit l’être et de défaire le reste. Deschamps est là depuis 2012, l’Allemand Joachim Löw de 2006 à 2021, et bien d’autres encore… Et la même chose s’applique aux gestionnaires du football national, dont le président. Fouzi Lekjaâ devrait également rester à la tête de sa fédération, sauf si bien sûr sa carrière s’envole dans d’autres fonctions…

Soyons donc fiers de nos Lions et faisons-leur confiance… soutenons et encourageons nos Lionceaux pour qu’ils mûrissent et maturent… soyons constructifs et positifs à l’égard de Mohamed Ouahbi et de Fouzi Lekjaâ. Et disons que si nous avons perdu le quart de finale contre l’ultra favori français de ce Mondial, nous avons confirmé notre présence dans le gotha mondial, nous avons présenté une prestation saluée dans le monde entier, et nous préparons activement et hâtivement la génération de 2030 !

Merci et bravo à nos Lions, à Ssi Lekjaâ et à Ssi Ouahbi !

Aziz Boucetta



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