OCP résiste aux tensions du marché mondial au premier semestre 2026

OCP résiste aux tensions du marché mondial au premier semestre 2026

Le Groupe OCP a réalisé un chiffre d’affaires de 48,37 milliards de dirhams au premier semestre 2026, contre 52,17 milliards de dirhams sur la même période de 2025, dans un contexte marqué par la flambée des prix du soufre et de l’ammoniac, ainsi que par un recul de la demande mondiale d’engrais phosphatés.

Le leader mondial des solutions de nutrition des plantes et des engrais phosphatés a néanmoins maintenu une rentabilité opérationnelle solide, avec une marge d’EBITDA de 28% sur les six premiers mois de l’année, contre 36% un an auparavant.

Dans son commentaire sur les résultats, le président-directeur général du Groupe OCP, Mostafa Terrab, a souligné la résilience du Groupe face à un environnement opérationnel particulièrement contraint. Il a notamment mis en avant les décisions prises en matière de niveaux de production, de sécurisation des matières premières et d’optimisation du mix produits. OCP avait notamment anticipé la forte hausse des prix du soufre en constituant des stocks avant l’envolée des cours. Le Groupe a également avancé au deuxième trimestre une partie de son programme de maintenance initialement prévu au second semestre, afin de préserver sa flexibilité opérationnelle pour les mois suivants

Parallèlement, le Groupe a poursuivi la montée en puissance du TSP, un engrais riche en phosphate nécessitant nettement moins de soufre et aucun ammoniac. Ce produit a représenté 35% des volumes d’engrais exportés au premier semestre 2026, contre 26% sur la même période de 2025.

Les résultats d’OCP interviennent dans un marché mondial des engrais phosphatés marqué par une forte progression des prix, particulièrement accentuée au deuxième trimestre dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Cette hausse des prix a pesé sur l’accessibilité économique des engrais et, par conséquent, sur la demande mondiale. Les volumes importés ont notamment reculé sur plusieurs marchés majeurs, dont l’Inde, l’Europe et l’Afrique.

En Inde, le niveau élevé des stocks en début de période a favorisé un important mouvement de déstockage. En Europe, les importations ont été affectées par la baisse de l’accessibilité économique et par les achats anticipés réalisés au quatrième trimestre 2025. En Afrique, le recul de la demande s’explique notamment par l’anticipation des achats éthiopiens à la fin de l’année dernière.

Le Brésil a, pour sa part, affiché une évolution plus résiliente, avec une baisse plus limitée de la demande d’importation.

Du côté de l’offre, le marché est également resté sous tension, notamment en raison de l’absence persistante des exportations chinoises de phosphates, de la baisse des volumes russes destinés à l’Europe et du recul des exportations saoudiennes sur fond de perturbations géopolitiques.

La disponibilité limitée du soufre et l’envolée de son prix ont par ailleurs conduit plusieurs producteurs d’engrais phosphatés à réduire leurs cadences de production.

Sur les six premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires de l’activité engrais d’OCP a reculé de 7% sur un an en monnaie locale, principalement sous l’effet de la baisse des volumes exportés. Le Groupe indique toutefois avoir poursuivi la diversification géographique de ses ventes, avec une progression de la part des exportations vers les Amériques, notamment le Brésil.

Le chiffre d’affaires de la roche phosphatée a, de son côté, diminué de 28% sur un an en monnaie locale, en raison principalement de la baisse des volumes vendus sur le marché local. La hausse du coût du soufre a notamment pesé sur la demande des producteurs d’acide phosphorique et d’engrais.

L’activité acide phosphorique a enregistré un recul de 9% de son chiffre d’affaires, également en monnaie locale. Cette évolution s’explique principalement par la baisse des volumes exportés, OCP ayant privilégié l’utilisation de l’acide disponible pour ses propres besoins de granulation et de production d’engrais.

À contre-courant de cette évolution, le segment Specialty Products & Solutions (SPS) a enregistré une croissance de 26% de son chiffre d’affaires en monnaie locale, à 4,76 milliards de dirhams.

Le Groupe attribue cette progression à la montée en gamme et à une stratégie ciblée sur les produits de spécialité et les marchés à plus forte valeur ajoutée. La marge brute s’est établie à 26,37 milliards de dirhams au premier semestre, contre 33,35 milliards un an auparavant.

Le taux de marge brute est ainsi passé de 64% à 55%. L’EBITDA s’est établi à 13,31 milliards de dirhams, contre 18,61 milliards de dirhams au premier semestre 2025. La marge d’EBITDA ressort ainsi à 28%, contre 36% un an plus tôt.

OCP explique cette évolution notamment par la hausse exceptionnelle du coût du soufre, qui n’a pas pu être intégralement répercutée sur les prix de vente des engrais, compte tenu des contraintes pesant sur la capacité des agriculteurs à absorber cette hausse.

À l’échelle du marché, le Groupe estime que les volumes échangés d’engrais phosphatés ont diminué d’environ 22% au premier semestre 2026.

Malgré ce contexte, OCP a poursuivi ses investissements. Les dépenses d’investissement ont atteint 16,07 milliards de dirhams au premier semestre, contre 15,16 milliards de dirhams sur la même période de 2025.

À fin juin 2026, le Groupe disposait de 32,69 milliards de dirhams de trésorerie et équivalents de trésorerie, lui assurant, selon sa direction, une position de liquidité solide et la flexibilité nécessaire pour couvrir ses besoins au second semestre.

La dette financière nette s’élevait à 115,47 milliards de dirhams au 30 juin 2026, contre 119,12 milliards à fin décembre 2025. Le ratio dette financière nette/EBITDA ressortait à 3,05 fois, contre 2,76 fois à fin 2025.

OCP a également évoqué l’évolution de ses exportations vers le marché américain. Le 29 juin 2026, le gouvernement américain a suspendu, pour une durée pouvant aller jusqu’à huit mois, les droits compensateurs appliqués aux importations de phosphates marocains, invoquant une pénurie importante d’engrais aux États-Unis. Le Groupe indique avoir repris ses exportations d’engrais vers les États-Unis en juillet et août afin de répondre aux besoins du marché américain.

Pour OCP, cette reprise illustre sa capacité à mobiliser rapidement ses capacités industrielles et commerciales afin de répondre à une demande additionnelle, tout en maintenant une diversification de sa base de clients et de ses marchés.

Dans cet environnement marqué par la volatilité des matières premières, la pression sur la demande et les tensions géopolitiques, le Groupe entend continuer à s’appuyer sur son modèle industriel intégré, la diversification de ses approvisionnements et l’évolution de son mix produits pour préserver sa flexibilité opérationnelle.



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