Le décès de Mohamed Abdelaziz, une carte à jouer pour Rabat

Le décès de Mohamed Abdelaziz, une carte à jouer pour Rabat

Le chef du Polisario Mohamed Abdelaziz est mort. Son décès a été annoncé par le Front aujourd’hui 31 mai. Il souffrait depuis longtemps d’un cancer du poumon qui le conduisait régulièrement dans les hôpitaux algériens et dans ceux des pays qui reconnaissaient sa République. 40 jours de deuil ont été décrétés dans les camps de Tindouf.

Mohamed Abdelaziz avait été affublé du sobriquet de Mohammed Marrakchi par le défunt roi Hassan II, en référence à l’origine et de la résidence de son père. Depuis, il était désigné au Maroc par ce surnom.

Il était âgé de 69 ou 70 ans, sa date de naissance n’ayant jamais été vraiment connue avec exactitude. Il était chef du Polisario et président de la RASD (entité reconnue par un nombre de pays aussi restreint que bruyant) depuis 1976. Jamais des élections n’ont été organisées, ou du moins des élections dignes de ce nom, dans les camps de Tindouf où il  avait ses quartiers.

A l’issue du deuil de 40 jours qui a été décidé par ses pairs dirigeants du Polisario, son successeur sera désigné, et il devra ferrailler pour se faire connaître, mais la diplomatie algérienne fera tout dans ce sens.

Et c’est précisément là que le Maroc doit agir et intervenir.

Ce décès intervient en effet alors que le Maroc est engagé dans un bras de fer avec l’ONU concernant la Minurso, dont des effectifs ont été expulsés en mars par Rabat et dont le rappel a été demandé par une résolution de l’ONU.

Le Maroc devrait également prendre appui sur cet événement survenu dans les camps pour attirer l’attention de la communauté internationale et l’inciter à observer le mode d’élection du successeur, et le rapport que cette désignation aura très certainement avec l’Algérie. Rabat serait gagnant, en effet, en mettant en parallèle ce qui se passera à Tindouf et la campagne électorale qui commence déjà à battre son plein au Maroc.

Enfin, le Maroc gagnerait à établir aux yeux du monde une comparaison entre l’état d’indigence dans lequel vivent les populations des camps et les énormes investissements engagés par le Maroc dans les provinces Sahariennes.



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