L’opposition dénonce un bilan gouvernemental “déconnecté” du vécu des citoyens

L’opposition dénonce un bilan gouvernemental “déconnecté” du vécu des citoyens

Les groupes de l'opposition à la Chambre des représentants ont estimé, mardi, que les chiffres et indicateurs présentés par le Chef du gouvernement devant les deux Chambres du parlement ne reflètent pas, à maints égards, les conditions de vie des citoyens, relevant un hiatus entre les données annoncées et l'impact des politiques publiques sur le terrain.

Lors d'une séance plénière consacrée à la discussion du bilan de l'action gouvernementale, les groupes de l'opposition ont souligné qu'outre les chiffres, l'évaluation de ce bilan devrait prendre en considération la capacité du gouvernement à honorer ses engagements pris, les répercussions des politiques publiques sur le pouvoir d'achat, l'emploi et les services sociaux ainsi que le degré d'interaction de l'Exécutif avec l'institution législative et les mécanismes de contrôle parlementaire.

A cet égard, le groupe socialiste-opposition ittihadi a noté que le bilan présenté s'est focalisé sur la "mise en valeur des réalisations" sans évoquer ce qui n'a pas été réalisé, s'interrogeant sur le timing de cette présentation, à quelques mois de la fin du mandat gouvernemental.

Chiffres à l'appui, le groupe a indiqué que l'impact des politiques publiques se reflète concrètement dans la hausse des prix de certaines denrées de base et des hydrocarbures, déplorant le manque d'interaction du gouvernement avec l'institution législative avec les questions écrites qui n'ont pas reçu de réponse et le peu d'interaction avec les propositions de lois.

Pour sa part, le groupe Haraki a considéré que l'évaluation du bilan gouvernemental revient à questionner ce qui a changé dans la vie des citoyens et dans quelle mesure les engagements déclarés ont-ils été concrétisés, affirmant que loin de mettre en doute les chiffres avancés, il s'agit d'interroger leur impact réel sur le vécu des Marocains.

Le groupe a fait remarquer, par ailleurs, que nombre d'engagements gouvernementaux tels que la création d'emplois, l'amélioration des indicateurs de l'éducation et la promotion du travail des femmes n'ont pas été honorés, critiquant, à son tour, la "faible interaction" de l'Exécutif avec plusieurs initiatives en matière de législation et de contrôle, en particulier des propositions de création de commissions d'enquête parlementaires.

Quant au groupe du Progrès et du Socialisme, il a observé que la présentation du bilan du gouvernement a contenu des "généralités" sans suivre une méthodologie claire pour évaluer la mise en œuvre du programme gouvernemental.

Tout en faisant état d'efforts dans des secteurs tels que la santé, l'éducation et le soutien au pouvoir d'achat, le groupe a remis en question l'impact effectif de ces interventions, pointant du doigt la hausse des prix de certaines denrées, certains dysfonctionnements en matière de protection sociale, le retard dans le déploiement de certaines mesures relatives à l'investissement ainsi que d'autres remarques sur le déficit de la balance commerciale, le classement du Maroc dans les indicateurs de perception de la corruption et le retard dans la promulgation des décrets d'application.

Dans le même sillage, le groupement Justice et Développement a estimé que la présentation en ce timing du bilan d'étape de l'Exécutif constitue un "gaspillage du temps gouvernemental et du développement", soulignant que les indicateurs économiques contenus dans ce bilan, notamment pour ce qui est de la croissance économique et de l'emploi, "ne reflètent pas la réalité".



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