220.000 "esclaves" au Maroc, selon une ONG australienne

220.000 "esclaves" au Maroc, selon une ONG australienne

Une ONG australienne a fait le compte de l’esclavage moderne dans le monde et elle est parvenue à la conclusion qu’il existe 45,8 millions d’esclaves dans le monde. Au Maroc, il y en aurait 220.000. 167 pays ont été examinés et leurs législations décortiquées. C’est la Fondation Walk Free, une ONG australienne militant pour la fin de l’esclavage moderne et du trafic d’êtres humains qui est l’auteure de cette étude.

Qui sont ces esclaves et comment les a-t-on définis ? Ce sont des personnes vivant dans des situations de contrainte, en situation d’exploitation soient-elles, ou à cause de menaces, de violences, d’abus de pouvoir, de mariages forcés ou de tromperie. Pour identifier les cas d’esclavage, Walk Free a mené plus de 42.000 interviews dans 25 pays, sur un total de 167, et étudié 161 réponses des Etats questionnés.

Sur les presque 46 millions de personnes répertoriées comme esclaves, 5 pays en abritent 58%, à savoir l'Inde, la Chine, le Pakistan, le Bangladesh et enfin l'Ouzbékistan. Les pays sont classés en fonction du nombre d’esclaves, rapporté à la population totale.

Le Maroc occupe la 18ème place dans ce classement avec 0,639 % de sa population considérée comme esclave.  En Algérie (20ème), la proportion est de 0,626% et en Tunisie (15ème), elle est de 0,766%.

En termes de vulnérabilité, près de 39 personnes sur 100 au Maroc sont susceptibles de basculer dans l’esclavage moderne. Le royaume est noté 56,08/100 pour la sécurité personnelle apportée aux personnes à risque, 55,83/100 pour les protections politiques et civiles. En revanche, le royaume est considéré comme mauvais élève pour les droits sociaux et économiques et sur le plan de la santé (18,58/100).

En France, on apprend qu’il existe 12.000 esclaves, et 11.700 au Royaume-Uni. Et même en Norvège, il y en aurait 100…

Cela pose la question de la pertinence de ce rapport et de cette ONG. Si, en effet, il existe beaucoup de personnes de par le monde qui vivent dans un état de précarité professionnelle ou juridique, il semble que le terme esclavage – même doublé de l’adjectif moderne – est abusif, car ce mot renvoie aux chaînes et au droit de vie et de mort du possédant sur le possédé. Or, cette relation d’aliénation ou de possession n’existe pas, ou pratiquement plus. L’ONG aurait été plus crédible en « inventant » un nouveau terme ou en utilisant d’autres, comme précarité, extrême vulnérabilité…



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