Mohamed Abdelaziz, présenté tour à tour comme le « Che » ou « l’homme de paix »
Le chef du Polisario depuis 40 ans Mohamed Abdelaziz, dès sa mort annoncée, a reçu l’hommage de ses amis. Les Algériens, on n’en doute pas, les Sahraouis de Tindouf, cela va de soi, mais un hommage posthume est venu d’un autre homme que l’on n’attendait pas, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU.
Ainsi, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a interrompu un Conseil de ministres pour une minute de silence et la récitation de la Fatiha (mais cela a été omis dans communiqué officiel de la présidence algérienne…). Rappelons à toute fin utile que pour Hassan II, le même Bouteflika n’avait décrété que 3 jours de deuil national, au lieu de 8 pour Abdelaziz. Cela fait que les drapeaux sur l’ambassade et les consulats algériens au Maroc seront en berne. Mais cela n’est plus vraiment étonnant.
L’Agence de presse algérienne n’a pas tari d’éloges pour un homme qui, tour à tour, est qualifié de « moujahid », de « fils prodige de Smara ». Mais selon plusieurs biographies du défunt, il était né en 1947 à Marrakech ou en 1948 à Smara… Bouteflika a même dit que l’homme était « un vaillant militant qui a fait de la paix un principe stratégique et un choix incontournable ».
Le journal électronique algérien DIA (dernières infos d’Algérie) a même versé dans une sorte de lyrisme étrange : « Mohamed Abdelaziz, était au Sahara occidental ce que le « Che » était l’Amérique Latine, la défenseur de la cause juste et un militant acharnée contre la colonisation. Il est avec Yasser Arafat, le seul révolutionnaire qui n’a pas assisté à l’indépendance de son pays » (les fautes sont de DIA).
Cela, c’est Algérie, on le sait… mais plus étonnant est l’hommage rendu par le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon qui a rendu un vibrant hommage au chef auto-désigné d’une république autoproclamée, mais non reconnue par… l’ONU. Ecoutons Ban Ki-moon : « Au fil des ans, M. Abdelaziz est devenu une figure centrale dans la recherche d'une solution au conflit du Sahara Occidental. A ce titre, il a rencontré de nombreux fonctionnaires des Nations Unies, y compris les secrétaires généraux qui se sont succédés à la tête de cette organisation »… L’encore Secrétaire général de l’ONU pour quelques mois a affirmé avoir « appris avec tristesse le décès de Mohamed Abdelaziz qui a servi en tant que secrétaire général du Front Polisario depuis 1976 ». Mais il ne se pose pas la question de la démocratie, des élections, de la légitimité, et toutes notions du genre. Il faut reconnaître au secrétaire général de l’ONU une certaine suite dans les idées. Au fil du temps, une étrange amitié l’avait lié au défunt.