Le Maroc réagit avec une hautaine indifférence à la mort d’Abdelaziz
Il aura fallu deux jours pour que le Maroc réagisse à la mort du chef du Polisario et de la RASD Mohamed Abdelaziz… et encore anonymement ! C’est « une source officielle », qui ne dévoile pas son nom, qui a exprimé l’avis de Rabat à l’événement, qualifié de non-événement. Rabat ne pouvait pas ne pas réagir, alors on a choisi le service minimum, comble du mépris pour une diplomatie. Et c’est de bonne « guerre ».
La « source anonyme » replace la mort d’Abdelaziz dans un cadre familial, expliquant que « le Maroc a pris note du décès de Mohamed Abdelaziz. Comme pour tout décès, c’est regrettable, notamment pour la famille et les proches ». Mais, pour le Maroc, le fait devient « un non-événement d’un point de vue politique, et sans aucun impact sur le dossier du Sahara marocain ».
La « source anonyme » ajoute que « le défunt, tout comme le mouvement séparatiste auquel il appartenait, était effectivement figurant, et non pas acteur du dossier, qui était – et demeure – contrôlé ailleurs ». Lisez, en Algérie. Il n’est qu’à voir la sur-réaction d’Alger à la mort d’Abdelaziz : une minute de silence en Conseil des ministres, 8 jours de deuil, et tous les qualificatifs possibles d’éloges, du « Che » à l’homme de paix », du « chef qui s’est sacrifié pour sa cause » au « martyre »… Et puis c’est tout.
Alger est passé à autre chose, en l’occurrence trouver un autre homme qui tiendrait le rôle du défunt. Selon des sources autorisées, la crise politique en Algérie déteindrait sur le Polisario car chacun des dirigeants algériens à son homme-lige, et voudrait le placer, mais les luttes pour la succession de Bouteflika se prolongent dans celle d’Abdelaziz.