Vidéo - Le Conseil de gouvernement entre la Omra du ministre, la violence à l'université et les chiffres de la grève générale
Lors du Conseil de gouvernement qui s’est tenu ce jeudi 2 juin à Rabat, Abdelilah Benkirane a tenu à s’exprimer sur le voyage privé de son ministre Mohamed Abbou et, menaces à l’appui, mais « sans preuves », il accuse certaines gens d’être derrière cela. Le gouvernement a aussi évoqué les chiffres de la grève générale, prenant le total contre-pied des syndicats, et la violence à l’université.
Au début de son allocution d’ouverture, le chef du gouvernement est donc revenu sur cette (mini) polémique qui a (un peu) agité le landerneau médiatique. De quoi s’agit-il ? Le ministre du Commerce extérieur, confidentiel jusque-là, aurait accompli une Omra, mais était accompagné de sa fille, qui aurait été là aux frais de l’Etat. Benkirane a tenu à infirmer cela, mais en usant d’expressions étranges. Ainsi, selon Benkirane, « les ministres doivent jouir d’un respect au moins égal à celui dû à l’ensemble des citoyens », ce qui veut dire sinon plus… « La yajouz (il n’est pas permis) d’évoquer leur vie privée sans preuves. C’est un mounkar (blamâble) ». Un démenti aurait alors suffi, sans avoir besoin d’en parler en Conseil de gouvernement, car cela confère précisément à cette affaire une dimension qu’elle n’a pas.
Mais le chef du gouvernement accuse, lui, « certaines personnes qui sont derrière cela, mais je n’ai pas de preuves, seulement une conviction, et en politiques, il n’y a pas toujours des preuves… ». Il faudrait savoir… Demander des preuves et menacer de poursuites judiciaires avant d’accuser, sans preuves. Abdelilah Benkirane achève en menaçant de « s’en plaindre à Dieu, même si (il) n’aime pas faire cela car cela (lui) fait peur ».
Le Conseil de gouvernement est revenu ensuite sur les chiffres de la grève. Le communiqué officiel affirme alors « que la grève a été suivie par 22% des fonctionnaires, sans vouloir entrer dans une controverse sur les chiffres avancés par les syndicats ». Lesquels syndicats avaient assuré que le taux de suivi était de 73%, 100% dans certains secteurs.
Et, enfin, le Conseil est revenu sur la violence dans les universités, déclarant son « refus » de cette violence morale et physique qui porte atteinte au savoir et au débat d’idées qui caractérisent l’université. Les responsables sont des phalanges estudiantines qui n’ont rien à voir avec l’université et le gouvernement fera le nécessaire pour mettre fin à ces agissements, ajoute le communiqué. On ne dit pas comment, mais on assure que des actions seront menées. Il est temps, en effet.