Maroc et ONU discutent du retour de la Minurso, et le Marocain Jamal Benomar entre en lice
Nous sommes à mi-chemin du délai fixé par l’ONU en sa résolution 2285 du 29 avril pour le retour de la Minurso dans ses fonctions civiles après son expulsion par Rabat. Une délégation des Nations-Unies est à Laâyoune pour négocier les modalités du retour, en présence de Jamal Benomar, diplomate international maroco-britannique. C’est l’agence espagnole EFE qui rapporte l’information qu’elle tient du porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric.
Le délai court donc jusqu’au 29 juillet et les discussions sont menées entre les deux parties pour restaurer la composante civile de la Minurso dans ses fonctions, après l’expulsion d’environ 70 fonctionnaires en mars et la fermeture du Bureau de Dakhla, suite à la très controversée visite du SG de l’ONU Ban Ki-moon à Bir Lahlou et à Tindouf.
Combien de fonctionnaires reviendront, quand et pour faire quoi ? Telles sont les trois questions auxquelles doivent répondre les négociateurs, sachant que le Conseil de Sécurité avait demandé à Ban Ki-moon de préparer un rapport pour l’informer de la bonne fin des choses.
Jamal Benomar est le secrétaire général adjoint de l’ONU, nommé à ce poste par Ban Ki-moon en novembre, après sa démission de ses fonctions de Représentant de l’ONU au Yémen où il avait chapeauté les efforts des Nations-Unies pour résoudre le conflit. Né en 1957 et ancien prisonnier politique au Maroc, Jamal Benomar est diplômé en droit international - avec une spécialisation en droits de l’homme -, en économie et en sciences politiques. Il a étudié aux universités de Rabat et de Paris où il a obtenu deux maîtrises, puis un doctorat à l’Université de Londres.
Le Polisario a émis des réserves face à cette présence de Benomar au sein de la délégation de l’ONU, mais le SG adjoint de l’ONU a ceci de positif qu’il a la confiance du Maroc et qu’il représente l’ONU, même sans l’assentiment d’Alger et du Polisario.
La résolution 2285, tout en reconnaissant et en rappelant le plan d’autonomie soumis par le Maroc en 2007, avait été exigeante envers Rabat quant au retour de la Minurso. 7 pays, dont la Russie, le Vénézuela, l’Angola et l’Uruguay, insiataient pour le retour de composante civile de la Minurso au Sahara et il avait fallu l’intervention virile de la France pour éviter la contrainte d’un retour immédiat. Paris avait pu arracher un délai de 3 mois, montrant que malgré les crises, les heurts et quelques malheurs entre la France et le Maroc, il savait être là aux moments délicats.