La bourde d’Ilyas el Omari sur le cannabis

La bourde d’Ilyas el Omari sur le cannabis

C’est bien connu, plus on s’exprime et plus on  de chances de commettre une gaffe. Abdelilah Benkirane le sait bien, et il n’en est pas à une près depuis quatre ans et demi qu’il dirige le gouvernement. Aujourd’hui, c’est au tour de son principal adversaire de lui emboîter le pas, quand il a répondu aux questions de nos confrères de TelQuel sur le kif et le cannabis.

Ainsi, évoquant son projet de réglementer la culture du kif, Ilyas el Omari s’est laissé aller en affirmant qu’ « (il voudrait) que les jeunes puissent ouvrir des coffee-shops dans (sa) région. Que des consommateurs puissent librement acheter une dose raisonnable et limitée de cannabis par semaine ». Il n’en fallait pas plus pour que ceux du camp en face, PJDistes et conservateurs, arment et tirent en direction d’el Omari.

Le SG du PAM s’active depuis plusieurs mois pour inciter la classe politique à réglementer la culture du kif dans le Rif, respectant ainsi à sa promesse électorale de trouver une solution au problème principal des populations du Nord, qui vivent en grande partie grâce à la culture du kif et dont une quarantaine de milliers sont recherchées par la justice. La manoeuvre inquiète le PJD, qui tire à boulets rouges sur el Omari et critique nerveusement sa proposition.

Or, il n’a jamais été question de légaliser la consommation du kif, ou du cannabis, et de promouvoir son utilisation récréative, même dans l’esprit d’Ilyas el Omari. Il s’agissait de réfléchir à des solutions, publiques, pour basculer de la culture à des fins de fabrication et de vente de drogue à une autre culture à usage médical et industriel.

Mais cette sortie, malheureuse, vaudra des critiques au président de la Région Tanger-Tétouan-al Hoceima. D’où l’art d’exposer de mauvais arguments pour défendre une cause juste.

Cela dit, la consommation légale de cannabis dans des coffee-shops aurait le mérite de contrôler les quantités écoulées et de tarir les circuits criminels. L’idée pourrait être mise en pratique, peut-être, dans quelques années, mais la population marocaine, en majorité conservatrice, n’est pas encore prête à accepter cela aujourd’hui. Et ne le doit pas… mais devrait accepter de réfléchir à une solution intégrée dans un plan de développement des régions du Rif. C’est ce que fait le président de la région Tanger-Tétouan-al Hoceima.

AB



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