Chabat fait les yeux doux à Benkirane
Après le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, c’est au tour de Hamid Chabat, chef de l’Istiqlal d’être reçu dans la maison socialiste, dans le cadre de l’association al Machrouâ (le Projet). Il y a déroulé ses idées et son nouveau positionnement, clairement favorable à un rapprochement avec le PJD.
Hamid Chabat, pour être clair, a rappelé l’ancrage religieux de son parti : « Le référentiel de notre parti est islamiste, et quiconque combat l’islam lutte contre le parti de l’Istiqlal. C’est pourquoi nous ne sommes pas pour l’égalité en héritage car ce sujet a été traité de manière univoque dans le Coran ». Voilà, mais Chabat aurait dû lire la première causerie religieuse de Mohammed VI, où on parlait de ce thème. Puis, pour bien faire, l’orateur poursuit sa tirade sur la religion en affirmant que « c’est l’islam qui a libéré les femmes et non la France ou les Etats-Unis, ou encore aucun autre parti d’ici », dans une allusion assez sévère au PAM.
Ce n’est pas la seule fois où Chabat fait du pied au PJD… « Nous avons été contre l’idée de dissolution du PJD en 2003 après les attentats terroristes du 16 mai. On ne peut pas dire qu’il existe deux pôles politiques au Maroc, car l’Istiqlal est la base et le fondement. Maintenant, il faut que les partis puissent être indépendants dans leur prise de décision, et c’est pourquoi nous rejetons la domination et le contrôle »…Le tahakkoum, quoi, élément de langage et leitmotiv essentiel dans le discours politique du PJD.
Ah, et pourquoi donc a-t-il accusé le chef du gouvernement d’entretenir des relations avec Daech ? « Jamais de la vie, j’ai demandé à éclaircir les relations du PJD avec cette organisation, au moment où elle a émergé en 2013. Rien de plus ». S’il le dit…
Quant aux libertés individuelles, Hamid Chabat considère que ce n’est qu’ « luxe intellectuel, comparativement à des sujets bien plus importants comme le chômage, la caisse de compensation ou encore le développement et l’action politique ». On l’aura compris, ce n’est pas Chabat qui défendra les principes de libertés collectives et individuelles. Pour expliciter son propos, il considère « les homosexuels comme le peuple de Loth et d’ailleurs ce n’est pas bien de poser ce genre de questions durant le mois de ramadan »…
Puis, suite à l’invalidation d’une demi-dizaine d’élus Istiqlal à la Chambre des conseillers, le chef de l’Istiqlal attaque violemment le PAM : « Nous sommes ciblés par le ministère de l’Intérieur, lequel est dirigé par ceux-là mêmes qui sont derrière les événements de Gdim Izik ». Pour comprendre, il faut revenir aux accusations anciennes du PJD et de l’Istiqlal contre le PAM qu’ils accusant d’être responsable de l’affaire de ce camp, dont le démantèlement en 2010 a causé la mort de 11 éléments militaires ou civils marocains et qui est aujourd’hui la cause d’attaques contre le Maroc, en faveur des condamnés à de lourdes peines de prison pour la mort de ces personnes.
Chabat va plus loin en disant que lors de son retour an avion de Laâyoune, avec Hamdi Ould Rachid, alors maire de Laâyoune, ce dernier avait été pris à partie par un homme grand et fort qui l’avait giflé avec son journal. Les passagers de l’avion étaient tous venus près d’Ould Rachid, ce qui avait déséquilibré l’avion. Qui est responsable de cette attaque ? « Les mêmes qui sont responsables de Gdim Izik ».
En clair, Chabat veut se rapprocher du PJD qu’il voit gagnant le 7 octobre. Il veut aussi et surtout s’éloigner du PAM qu’il accuse vouloir contrôler la scène politique. La détestation d’Ilyas el Omari, SG du PAM, rapproche, lie et unit Chabat et Benkirane.