Najib Boulif tacle Raïssouni et refuse que la rupture publique du jeûne

Najib Boulif tacle Raïssouni et refuse que la rupture publique du jeûne

Ahmed Raïssouni, on le sait, a émis son avis sur le jeûne, son sens, sa profondeur et son rapport à la société et à l’individu. Il a appelé à l’abrogation de l’article 222 car le jeûne est une pratique individuelle qui concerne le croyant et sa relation à Dieu. Le ministre des Transports Najib Boulif est monté au créneau pour dénoncer la position du théologien.

Il a écrit cela dans son « prêche du mardi », sur sa page Facebook. Boulif s’étonne que « certains parmi ces gens, que nous respectons (référence à Raïssouni), m’ont surpris par leur position qui profitera aux « légalitionnistes » de la rupture du jeûne en public, lesquels ne représentent qu’une infime partie de la population ». C’est son avis, et il a parfaitement le droit de l’exprimer.

Plus grave est cette phrase où le ministre des Transports dit que cette légalisation du non-jeûne, en public, « encouragera ceux qui n’ont encore qu’un iota de foi à aller manger dans la rue, et encouragera les jeunes à se soulever contre la société ». C’est aussi son avis certes, mais depuis quand l’exercice d’une liberté individuelle serait-elle une « soulèvement » contre la société ? A lui de répondre.

Et donc, ce que regretterait Boulif, in fine, c’est que « ramadan ne sera plus ce qu’il a toujours été, dans sa signification et ses apparences (sic). Ceux qui jeûneront, personne ne le saura, mais ceux qui ne jeûneront pas, tout le monde les verra et en aura connaissance ». Pour le ministre, le jeûne est affaire, donc, de société, et aussi d’apparence, même s’il reconnaît que la pratique est personnelle, que la foi l’est aussi, mais que tout doit rester discret, le jeûne et surtout le non-jeûne.

Le ministre des Transports admet cependant qu’il ne fait pas traquer les non-jeûneurs, pas plus qu’il ne faut les juger et les condamner dans le cas où ils rompent leur jeûne pour s’hydrater, par exemple, par grande chaleur (référence au jugement à deux mois de prison avec sursis de deux manutentionnaires qui ont bu en plein jour à Zagora). Mais Boulif achève son « prêche » par une prière à Dieu : « Que Dieu préserve notre pays de la fitna et de la rencontre publique entre jeûneurs et non jeûneurs ».

Le débat reste ouvert, et c’est bien la bonne nouvelle de ce ramadan : les avis s’expriment d’un côté et de l’autre, sans (trop) d’agressivité, contrairement aux années précédentes, même si des cas d’arrestations ont été signalés ici et là ce mois de juin.

AB



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