Sajid : « Le gouvernement manque de vision et d’ambition, et Benkirane est préoccupé par sa seule image »

Sajid : « Le gouvernement manque de vision et d’ambition, et Benkirane est préoccupé par sa seule image »

« Le grand problème que nous vivons avec ce gouvernement est son manque de vision, son manque de stratégie globale et son manque d’ambition pour notre pays »… Ainsi s’exprimait Mohamed Sajid, patron de l’UC, lors de la 3ème édition des Jeudis du même nom, cette fois sous le thème : « de 7,5% à 1,5%, où est passée la croissance ? ». L’ancien maire de Casablanca a fait de ce rendez-vous un moyen d’éreinter le gouvernement, en choisissant chaque fois un angle différent.

Jusque-là plutôt taiseux, du moins du temps où il présidait aux destinées de la capitale économique, voilà Mohamed Sajid subitement prolixe. Il a mis son incontestable talent de conférencier, à défaut d’orateur, au service de sa nouvelle fonction d’opposant du gouvernement, du PJD, de Benkirane… Mais lui, patron de l’UC, qui a dit que seuls 7% de Marocains en âge de voter avaient choisi le PJD en 2011, s’est soigneusement abstenu de décrire la fantomatique UC qu’il préside depuis un peu plus d’un an. Il n’aurait pas fallu beaucoup de temps pour en faire le tour.

« L’institution du chef du gouvernement, dont la principale mission est de conduire cette stratégie globale (…), d’orienter ces différentes stratégies sectorielles,  cette institution s’est totalement dessaisie de sa responsabilité. Elle navigue à vue. Le chef du gouvernement, malgré sa présence hyper importante dans les médias, ne s’est pas prononcé une fois sur la dangerosité de la situation économique, ni sur les mesures à prendre pour assurer le redressement de cette économie ». Pour Sajid, « Benkirane est bien plus préoccupé par son image personnelle et la place qu’il occupera dans les élections ».

Très bien, mais que fera Sajid, ses amis et ses alliés s’ils sont en situation ? La question est posée par une journaliste présente dans la salle, et qui s’est entendue répondre que « il y a beaucoup de choses à faire, et ce qu’il y à faire n’’est pas forcément annoncé, ce ne sont pas des promesses ». On admirera la facilité de l’esquive… « Ce qui est important est le travail sérieux, c’est aussi la présence des compétences ( …). Il nous fait donner une priorité absolue au secteur de l’éducation ». Le SG de l’UC a copieusement attaqué l’électoralisme du chef du gouvernement sur ses propos concernant la langue arabe dans l’enseignement, mais il n’a pas pipé mot sur ce que l’UC ferait si d’aventure elle se trouvait au gouvernement, ou si lui-même, Sajid, est un jour prochain ministre de l’Education nationale… Le SG de l’UC a aussi fait un constat accablant de la situation économique et de l’action gouvernementale en matière d’économie, avec un plongeon vertigineux du taux de croissance.

Le gouvernement a certes des défaillances et un flagrant manque de vision, mais à sa décharge il faut reconnaître qu’il y a eu une crise mondiale, tant économique que financière, qui a ébranlé tant de nos partenaires économiques et qui a bloqué les transferts de fonds pour les investissements et la baisse des carnets de commande de nos exportateurs. Mais cela Sajid n’a pas eu l’honnêteté de le dire, se contentant d’attaquer bille en tête le gouvernement qui, il faut le dire aussi, prête le flanc.

Prenant la suite de son hôte, l’Istiqlalien en ancien ministre du Tourisme Adil Douiri a parlé à son tour de vision, de gouvernance, de défaillances… insistant sur le fait que la baisse du taux de croissance économique nationale ces dernières années suscite des questionnements liés au mode de gouvernance de Benkirane et des siens. Pour Douiri,  « la baisse de la croissance économique nationale enregistrée au cours des dernières années a contribué à la hausse du chômage et à la baisse des offres d’emploi ». Il a affirmé que 140.000 emplois depuis l’avènement de ce gouvernement.

 



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