L’Istiqlal de Chabat s’en prend frontalement au PAM et à l’Intérieur
Ce samedi 25 juin était jour de Conseil national au parti de l’Istiqlal… l’instant est solennel et la convocation des membres est impérative pour cette réunion inscrite sous le thème des « dangers qui menacent la démocratie dans notre pays ». Présentation et discours du secrétaire général, interventions par dizaines de militants remontés, et communiqué final incendiaire.
Hamid Chabat a la rancune aussi coriace que sa mémoire est tenace. En septembre, après les élections régionales et juste avant le vote pour la présidence de la Région Fès-Meknès, il aurait appelé le ministre de l’Intérieur pour « faire chanter l’Etat ». L’information avait été donnée par le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad au Conseil du gouvernement, et jamais vraiment démentie par lui. En octobre, le candidat Istiqlal à la présidence de la Chambre des conseillers avait été défait par son rival du PAM.
Dans l’intervalle et avec le temps, l’Istiqlal s’est ostensiblement rapproché du PJD, faisant du pied à un PJD qui a un pied dans les starting-blocks électoraux. Puis, le vase a débordé pour l’Istiqlal après l’invalidation de plusieurs de ses conseillers parlementaires. Alors, comme il n’y a pas de congrès prévu dans les semaines à venir ni de conseil national pour déverser l’ire de Chabat contre l’Intérieur et le PAM qu’il considère comme responsable de tous les maux, le patron de l’Istiqlal a convoqué un Conseil national en session extraordinaire.
Ainsi, dans le communiqué publié en fin de travaux, on lit que dès lors que le Maroc semblait avoir échappé aux bourrasques qui ont emporté tant de pays, la réaction est arrivée. « La constitution de 2011 meuble l’espace public et sert à la propagande à l’extérieur, alors même que les forces réactionnaires agissent dans un esprit opposé à celui de la constitution ». Qui sont ces forces ? On ne voit que le PAM à être visé parmi les ennemis actuels de l’Istiqlal, qui n’en a pas en fait, hormis le parti dirigé par Ilyas el Omari.
« Le parti de l’Istiqlal met en garde contre les dangers de ces pratiques destructrices menées par les forces de la réaction (…). Le parti de l’Istiqlal rappelle que les méthodes d’affaiblissement des partis politiques et de réduction de la force des organes d’intermédiation politiques, sociales et syndicales, sont de nature à ne pas porter préjudice à ces seuls organismes mais aussi aux institutions publiques et, in fine, au système politique général du pays, l’exposant à l’instabilité et mettant en péril l’intégrité territoriale ». On ne comprend pas pourquoi les actions du PAM, puisque c’est de lui qu’il s’agit, menaceraient le système institutionnel du pays, et que vient faire l’intégrité territoriale dans cette lutte partisane ?
L’Istiqlal s’estime ciblé par des « parties » jamais nommées mais qui renvoient toujours au PAM, comme cette allusion à « ceux qui seraient responsables des émeutes de Gdim Izik au Sahara ». Pour le parti, dans son communiqué, « certains font commerce avec les intérêts de l’Etat pour des objectifs électoralistes étroits, nous visant de plusieurs manières, par la justice, par la calomnie rémunérée, par l’asservissement d’organismes publics, par l’instrumentalisation de l’administration territoriale ».
Et cette attaque féroce contre Hassad : « Le parti de l’Istiqlal conteste avec la plus grande énergie la campagne qui le cible, dévoilée par les graves propos du ministre de l’Intérieur qui ne réunit même plus les conditions les plus élémentaires du courage ». Rappelons que Chabat, dans une interview publiée samedi par al Massae, s'en était pris violemment au ministère de l'Intérieur l’accusant « de soutenir le PAM pour l’aider à remporter le prochain scrutin législatif ».
AB